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Mis à jour : il y a 25 min 34 sec

Semaine du 20 au 26 mai

lun, 05/20/2019 - 12:58

Chaque semaine, retrouvez les principaux rendez-vous professionnels (salon, rencontre, AG...), les dates limites des aides à la filière (subvention, crédit, bourse) et des appels à candidatures pour les artistes (tremplin, concours).

RETROUVEZ L'AGENDA COMPLET
ET ACTUALISÉ EN CONTINU



20 - 21 MAI

CONVENTION
Sync Summit Tokyo
Tokyo (Japon)


20 MAI

TREMPLIN (date limite de candidature)
Concours Jeunes Talents
Théâtre Edwige Feuillère - Festival Jacques Brel / Vesoul


21 MAI

TABLE RONDE
Dans quelles mesures le visuel influence t-il notre écoute ?
La Java / Paris


21 MAI

RENCONTRE
Rencontre pro avec Philippe Zavriew (Peermusic)
ACP Manufacture Chanson / Paris


21 - 22 MAI

RENCONTRE
Projets artistiques et culturels en milieu rural
Brainans


21 - 22 MAI

CONFÉRENCE
Politiques culturelles en Europe : un tournant participatif ?
Montpellier


22 - 24 MAI

FORUM
Entreprendre dans la culture
Ministère de la Culture / Paris


22 - 23 MAI

RENCONTRE
20 ans de la Fraca-Ma
Orléans


22 MAI

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien à l'aménagement et équipement des salles de spectacles
CNV


23 - 25 MAI

RENCONTRE
MOCA - Forum des cultures d'Afrique
La Place / Paris


23 MAI

SALON
Edita 2019
Eiffeil / Lyon


23 - 24 MAI

ATELIER
Rencontres fonction programmation de la Fédélima
Laval (53)


23 - 24 MAI

AG
Rendez-vous du Pôle des musiques actuelles en Pays de La Loire
Laval (53)


23 - 24 MAI

RENCONTRE
Rencontres pro. des 3 éléphants
Laval (53)


25 MAI

CONVENTION
Music Up !
Paris


26 MAI

APPEL À PROJETS (date limite de candidature)
Résidence-mission d'appui artistique (MiAA)
Huby Saint Leu


26 MAI

CONCOURS (date limite de candidature)
Oreilles curieuses - création sonore
Radio Campus Paris


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Veille d'actualités - Semaine 20

ven, 05/17/2019 - 09:15

Cette semaine : CNM voté par les députés, fonds d'investissement pour les IC, fusion des champs conventionnels dans l'édition, mobilisation pour le maintien de plusieurs émissions musicales sur France Musique, squatteurs de festivals 2019, quand l'architecture rencontre le projet culturel...


Chaque semaine, l'IRMA vous propose une sélection d'informations sur le secteur musical.
Cette sélection est issue de la veille d'actualités relayée sur nos réseaux sociaux :

Les députés votent la création d'un Centre national de la musique
France Musique • Accès libre

Les députés ont adopté en première lecture par 76 voix et 1 abstention la proposition de loi créant le Centre national de la musique. Prochaine étape au Sénat. Le CNM a vocation à rassembler le CNV, le FCM, l'IRMA, le Bureau export et le CALIF.
Également : Les collectivités associées in extremis au Centre national de la musique


Annonce d'un fonds d'investissement pour les industries culturelles de 225M€
Les Échos • Accès restreint

Le président de la République a réuni les acteurs des industries culturelles ce lundi midi pour échanger sur des solutions pour renforcer le secteur face au tsunami numérique. Il a annoncé la création d'un fonds d'investissement abondé de 225 millions d'euros.



Fusion des champs conventionnels dans l'édition
Legifrance • Accès libre

L'arrêté du 9 avril 2019, publié au JORF du 19 avril, porte sur le rattachement des conventions collectives de l'édition musicale et de l'édition phonographique à celle de l'édition (tout court).




Radio : Mobilisation pour le maintien de plusieurs émissions musicales sur France Musique
Change • Accès libre

Plusieurs émissions, dont "A l'improviste", "Le Cri du Patchwork", "Le Portrait Contemporain", "Tapage Nocturne" ou "Couleurs du Monde Ocora" de la grille de France Musique sont menacées par la chaîne. Près de 15.000 signataires d'une pétition demande que la création musicale soit maintenue sur le service public.
Également : France Musique, haro sur la création ?


Au fond on attend quoi d'un concert en 2019 ?
Vice • Accès libre

Entre course au gigantisme et expectatives d'un autre âge, un conservatisme doublé de velléités toujours plus mercantiles touche désormais aussi bien le bon vieux concert que le DJ set, le showcase que le festival. De là à tout aplanir ?



Enquête sur le bien-être et la santé dans la musique en France
Irma • Accès libre

Dans le prolongement d'une enquête internationale menée sur le sujet, le collectif CURA lance en France un sondage auprès des musicien-ne-s et des professionnel-le-s de l'industrie musicale sur les questions de santé liées au travail.



Les squatteurs de festivals 2019... sont des squatteuses !
Sourdoreille • Accès libre

Le classement 2019 des artistes programmés dans les 550 festivals français étudiés réserve quelques surprises et nouveautés. S'il comprend énormément d'artistes attendus, il surprend principalement pour son podium où trois femmes trônent : Suzane, Hoshi et Jeanne Added.



Les pionniers du streaming musical
Irma • Accès libre

Le journaliste Philippe Astor se lance dans une série en huit épisodes sur l'histoire du streaming à travers ses entreprises pionnières. Une analyse détaillée pour mieux comprendre comment ce marché s'est structuré, de ses balbutiements à aujourd'hui. Premiers épisodes avec Napster et Deezer.



Réhabilitation du Confort Moderne à Poitiers : l'architecture à la rencontre du projet culturel
Fedelima • Accès libre

Rouvert fin 2017 après 16 mois de travaux, le Confort Moderne réunit désormais salle de concert, club, espaces d'expo, disquaire, restaurant, locaux de répétition, logements d'artistes… Ses usagers ainsi que l'architecte qui a signé la rénovation du bâtiment racontent comment ils ont nourri et porté collectivement ce projet.

EN BREF

ARTIST(IQU)E

ÉDUCATION

POLITIQUE

BUSINESS

USAGE

INNOVATION

MEDIA

MÉTIER

TERRITOIRE

(RE)PLAY


Le théâtre musical, nouvelle scène de la musique

Vidéo • Philharmonie de Paris




Le travail de compositeur à l'image

Avec Jorge Arriagada
Podcast • Radio festival




Tiers lieux, communs culturels : les nouvelles énonciations de la découverte musicale

Slide • Acim




Blogs à part : la promotion musicale aujourd'hui

Podcast • La Nouvelle Onde




Riff de fin pour la guitare ?

Podcast • BOM - Business Of Music




Quelle place pour Deezer dans le concert mondial du streaming ?

Podcast • The Conversation France




Avec F.E.M.M, elles dénoncent le sexisme dans le milieu de la musique

Podcast • Cheek Magazine

PENDANT CE TEMPS-LÀ…

En Algérie, paysage sonore d'une révolution populaire
Aux Sons • Accès libre

Des stades de foot­ball à la rue, en pas­sant par les réseaux sociaux, quels sont les hymnes qui forment le pay­sage sonore et irriguent la contes­ta­tion dans les rues algé­riennes ?

La revue de web de la semaine passée Voir la rubrique
ACTUALITÉS PROFESSIONNELLES

Enquête sur le bien-être et la santé dans la musique

mer, 05/15/2019 - 14:45

Dans le prolongement d'une enquête internationale menée sur le sujet, le collectif CURA lance en France un sondage auprès des musicien-ne-s et des professionnel-le-s de l'industrie musicale sur les questions de santé liées au travail.

Une récente étude de la société suédoise Record Union sur la santé mentale des musiciens indépendants fait apparaître que 73 % d'entre eux souffrent de maladies mentales. Dans la foulée, Record Union a lancé un site dédié et un appel à projets pour récompenser les initiatives de prévention ou de guérison des troubles de la santé mentale dans la musique.
Plus d'infos

En France, après qu'un colloque se soit tenu sur le sujet en 2017, le collectif CURA [fondé par Julien A. Jaubert aka Shkyd (producteur), Sandrine Bileci (naturopathe), Robin Ecoeur (journaliste) et Suzanne Combo (artiste & DG de la GAM)] ouvre un questionnaire sur la santé (physique et mentale) et le bien-être des musicien.ne.s et des professionnel.le.s de la musique.

« Nous avons décidé de conduire une enquête auprès d'artistes et de travailleur.se.s aux genres et aux fonctions variées, à des stades de carrière et d'ambition différents, afin d'en savoir plus sur les stress et pressions relatives à leurs pratiques respectives. » Accéder au questionnaire Sur le même sujet : ISHA face à ses démons

En novembre 2017, Shkyd - producteur de son activité principale - publiait sur YARD un article intitulé "La santé mentale : succès dans le rap américain, silence dans le rap français". Nourri de sa propre expérience au sein de l'industrie musicale, ce papier a été récompensé d'un prix de journalisme au Reeperbahn Festival et a contribué à ouvrir le débat sur la question de la santé mentale des artistes. De quoi inciter son auteur à prendre le sujet à bras le corps, pour libérer la parole des principaux concernés. Première consultation avec le belge ISHA.

French Metal Music Studies

mer, 05/15/2019 - 14:00

Autour de la thématique "locating heavy metal", l'ISMMS (International Society for Metal Music Studies) propose 4 jours de colloque à Nantes du 17 au 20 juin.

L'ISMMS est une association internationale regroupant des chercheurs en sciences humaines et sociales sur le hard rock, le heavy metal et le metal. Elle a été créée en 2013 à l'occasion du colloque Heavy Metal and popular culture qui s'est tenu en Ohio aux Etats Unis.
Deux autres colloques ont suivi en 2015 en Finlande (Modern Heavy Metal : markets, practices and culture), et en 2017 au Canada (Boundaries and Ties : the place of music communities).

La France accueille donc cette année ce colloque de référence des metal studies, l'ISMMS estimant que "le temps semble venu, après une période faste de recherches, de refaire le point concernant les savoirs sur la musique et la culture metal".

Durant 4 jours, à partir de la thématique "locating heavy metal", les débats porteront sur les travaux de recherche et d'enquête réalisés ces dernières années dans le monde.
Ainsi, au programme, seront abordés entre autres les normes et identités liées à la culture metal, la question des scènes locales et de leurs caractéristiques, le numérique et le metal 2.0, etc.

Semaine du 13 au 19 mai

lun, 05/13/2019 - 11:00

Chaque semaine, retrouvez les principaux rendez-vous professionnels (salon, rencontre, AG...), les dates limites des aides à la filière (subvention, crédit, bourse) et des appels à candidatures pour les artistes (tremplin, concours).

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13 - 15 MAI

RENCONTRE
Journées d'informatique musicale
Bayonne


13 MAI

DISPOSITIF D'ACCOMPAGNEMENT (date limite de candidature)
Variation(s)
FGO Barbara / Paris


13 MAI

DÉBAT
Nos sons nuisent-ils à la planète ?
Péniche La Pop / Paris


13 MAI

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien à la réalisation audiovisuelle liée au spectacle vivant
CNC


14 MAI

RENCONTRE
Image et son en bibliothèque : de quoi parle-t-on ?
Paris


14 - 15 MAI

A.G.
Assemblée générale du RIM
Pau / Billière


14 MAI

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien à l'activité des salles de spectacles
CNV


15 MAI

APPEL À PROJETS (date limite de candidature)
i-Portunus
Europe


15 MAI

SHOWCASE INTERNATIONAL (date limite de candidature)
Reeperbahn Festival
Hambourg (Allemagne)


15 MAI

SHOWCASE INTERNATIONAL (date limite de candidature)
M pour Montréal
Montréal (Canada)


15 MAI

ACCÉLÉRATEUR (date limite de candidature)
Wallifornia MusicTech - Acceleration Program
Liège (Belgique)


15 MAI

SHOWCASE INTERNATIONAL (date limite de candidature)
Visa for Music
Rabat (Maroc)


15 MAI

APPEL À PROJETS (date limite de candidature)
Soutien aux musiques actuelles en Centre - Val de Loire
DRAC - Région - CNV


15 MAI

AFTERWORK
Interconnecter et enrichir ses contenus grâce aux API
Paris


15 MAI

CONCOURS (date limite de candidature)
CFMI d'Île de France
Orsay (91)


15 MAI

TREMPLIN (date limite de candidature)
Des Rives & Des Notes
Jazz à Oloron / Oloron Sainte-Marie (64)


16 MAI

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien à la production
CNV


17 MAI

SHOWCASE INTERNATIONAL (date limite de candidature)
Zandari Festa
Corée du Sud / Réservé aux adhérents Bureau Export


17 MAI

SHOWCASE INTERNATIONAL (date limite de candidature)
GlobalFest
New York (USA)


17 MAI

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien au disque de "variétés"
Soutien au disque de "Musiques"
Soutien à la pré-production scénique "variétés"
Soutien au spectacle vivant "musiques"
FCM


18 - 19 MAI

SALON
Sound Days #7
Le Carreau du Temple / Paris


19 MAI

ATELIER
Strasbourg 2099 : création sonore
Strasbourg


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Europe Créative alloue 1,75 million d'€ pour la culture et l'audiovisuel

jeu, 05/09/2019 - 10:00

Europe Créative publie son nouvel appel à candidatures en ligne, une aide pour des projets audiovisuels innovants en lien avec la culture d'un montant minimal de 150 000 € pour une enveloppe totale de 1,75 million d'€.

Dans le cadre de son programme 2014-2020, Europe Créative, la branche culture de la Commission européenne, vient de lancer un nouvel appel à projets : « Bridging culture and audiovisual content through digital » (« Rapprocher la culture et le contenu audiovisuel à l'aide du numérique »). Avec cet appel, l'Europe entend encourager les innovations par l' « expérimentation de nouvelles stratégies commerciales transsectorielles en matière de financement, de distribution et de commercialisation d'œuvres » en soutenant des projets comportant de nouvelles formes de créations permises par l'essor de récentes technologiques comme la réalité virtuelle ou de nouveaux outils / stratégies dans le champ de l'audiovisuel en lien avec les musées, le spectacle ou le patrimoine culturel.

Pour être recevable, chaque proposition devra être présentée par un consortium d'au moins 3 personnes morales sises dans 3 pays différents du champ d'Europe Créative. À cet égard, le processus de Brexit crée une incertitude quant à l'éligibilité de partenaires britanniques sur toute la période. La contribution minimale du programme est fixée à 150 000 € équivalent au maximum à 60% du budget global, pour des coûts générés du 1er janvier 2020 au 30 juin 2021.

Au total, ce "volet transsectoriel" prévoit un budget d'1,75 million d'€ pour les projets dont les candidatures devront être soumises au plus tard le 20 juin 2019 à 12h.

Accéder à l'appel complet

Deezer, une licorne du "freemium" née en France

mer, 05/08/2019 - 10:29

La gratuité comme porte d'entrée vers le payant - Accéder à un baladeur iPod virtuel depuis un simple navigateur web, c'est ce que permet, dès le mois de juin 2006, une petite application interactive baptisée Blogmusik qui va bouleverser, à elle seule, le paysage de la musique en ligne en France et très au delà.

Jusqu'à cet été, le journaliste Philippe Astor nous livre une série en huit épisodes sur l'histoire du streaming à travers ses entreprises pionnières. Une analyse riche et détaillée pour mieux comprendre comment ce marché s'est structuré, de ses balbutiements à aujourd'hui.
*
Retrouvez les autres épisodes :
Les pionniers du streaming #1 : RealNetworks / Napster
La suite de la série sera publiée en mai, juin et juillet.
À suivre sur le site de l'IRMA.

Le concepteur de Blogmusik, Daniel Marhely, est un jeune autodidacte féru de nouvelles technologies et DJ à ses heures, qui a quitté l'école prématurément pour se lancer dans l'aventure du web. A 22 ans, le jeune geek, pour qui le langage HTML et les scripts PHP n'ont plus aucun secret, maîtrise déjà mieux que quiconque la technologie Flash de la compagnie Adobe Systems, qui permet d'intégrer des animations interactives à une page web. C'est sur elle qu'il s'appuie pour développer Blogmusik : un projet personnel sur lequel ce fan de musique planche depuis quelques mois, et dont il ne mettra que quinze jours à écrire le code !

Daniel Marhely dans le top 10 des jeunes innovateurs français du Massachusetts Institute of Technology

« J'indexe tous les fichiers MP3 qu'on peut trouver sur Internet, par l'intermédiaire de sources comme les agrégateurs de blogs MP3, que des petits robots visitent régulièrement », explique alors celui que le célèbre Massachusetts Institute of Technology, aux États-Unis, classera près de dix ans plus tard dans son top 10 des jeunes innovateurs français. A partir d'un lecteur audio intégré à une page web, qui reproduit le look and feel du baladeur iPod d'Apple, l'utilisateur de Blogmusik peut effectuer des recherches dans la base ainsi constituée, et écouter directement les titres de son choix en streaming (c'est à dire sans avoir à les télécharger au préalable), ou les playlists qu'il peut créer à partir des résultats de ses requêtes.

Musique et web 2.0

Il devient bientôt possible, également, d'intégrer ce iPod virtuel à son blog ou à son site Web, et de mettre ainsi en ligne son propre jukebox. Le procédé n'est pas nouveau. Un autre jeune français, Benoît Tersiguel, a développé dès 2003 un petit programme similaire écrit en Flash et en PHP, qui s'appelle Radio.blog. Radio.blog est le véritable initiateur de cette nouvelle vague de services web 2.0 dans la musique, qui s'appuient sur la mutualisation et l'agrégation de ressources accessibles par Internet, qu'il s'agisse de capacité de stockage, de bande passante ou de collections de fichiers audionumériques.

De nombreux blogueurs musicaux ont déjà adopté l'utilitaire Radio.blog.club : un bout de code Javascript qui leur permet d'intégrer un petit lecteur Radio.blog et sa playlist à leur blog. « Le site est visité par 15 millions de visiteurs uniques chaque mois, venant du monde entier. Et l'audience augmente régulièrement. Une centaine de « radioblogs » sont référencés chaque jour », confie son créateur à L'Expansion début 2007, quelques semaines avant qu'une injonction de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) ne lui impose d'en fermer provisoirement les portes.

Au delà des obstacles juridiques, que la société Mubility créée par Benoît Tersiguel pour exploiter Radio.blog ne parviendra jamais à surmonter, plusieurs contraintes s'imposent aux utilisateurs du service : avant de pouvoir coller le script du lecteur audio dans l'habillage de leur blog, ils doivent télécharger et installer le logiciel idoine, puis lancer un utilitaire de conversion (en batch) de leurs propres fichiers MP3 dans un format plus léger – le RBS (Rebirth Song File), en réalité du MP3 à 64 Kbits par seconde - puis enfin les envoyer sur leur propre serveur FTP (File Transfer Protocole) à partir duquel ils seront mis à disposition sur Internet.

Tout en bénéficiant de ce précédent – de nombreux fichiers MP3 indexés par les robots de Blogmusik sur Internet sont en réalité hébergés sur les serveurs FTP des utilisateurs de Radio.blog – le petit lecteur audio conçu par Daniel Marhely s'affranchit de ces limites. Pour en tirer parti, il suffit de charger la page d'accueil de Blogmusik dans un navigateur web, d'effectuer une recherche par nom d'artiste ou par titre de chanson, et d'écouter ensuite la musique dénichée sur le web. Pas besoin d'être un utilisateur avancé d'Internet, de paramétrer son propre serveur FTP, ou de déjà disposer en amont d'une petite collection de fichiers MP3.

Radio.blog s'engage dans un bras de fer, Blogmusik joue la partie plus finement

Blogmusik et Radio.blog ne sont pas les seuls services de musique web 2.0 qui verront le jour en France dans la seconde moitié des années 2000. Quelques mois plus tard, Thierry Rueda et Jean-Marc Plueger, deux entrepreneurs du web fondateurs de MusicOfThe.net, un agrégateur de blogs MP3 conçu sur le modèle de son homologue américain The Hype Machine, sabordent leur première initiative pour se lancer dans une aventure similaire, sous le nom de Jiwa. « Comme d'autres services, nous parcourons le web pour indexer les fichiers musicaux, nos utilisateurs pouvant les écouter en streaming et en illimité », expliquent-ils sur leur blog.

En exploitant les contenus disponibles sur Internet ou mis à disposition par leurs utilisateurs avant même d'avoir obtenu le moindre accord de licence, et en offrant des niveaux d'interactivité plus élevés qu'une simple webradio, ces nouveaux services web 2.0, qu'ils hébergent eux-mêmes ou non les copies d'enregistrements exploitées, mettent leurs ayant droit (auteurs, artistes, labels et éditeurs) devant le fait accompli. Ni la Sacem, ni des sociétés de producteurs comme la SPPF (Société des producteurs de phonogrammes français) ou la SCPP (Société civile des producteurs de phonogrammes), ne proposent encore des licences autorisant ces nouvelles formes d'exploitation des répertoires ou des catalogues de leurs membres.

Benoit Tersiguel, fondateur de Radio.blog, s'engage dans un long bras de fer avec les ayant droit qui sera fatal à son service : le site ferme définitivement ses portes en mars 2008, et son créateur, qui a refusé obstinément de se plier aux exigences de la Sacem et des maisons de disques, est condamné à payer 10 000 € d'amende et un million d'euros de dommages et intérêts en 2011 - après avoir été jusqu'à se pourvoir inutilement en cassation. Daniel Marhely, de son côté, va jouer la partie plus finement.

Blogmusik devient Deezer

Dès l'automne 2006, et alors qu'il commence à être dépassé par le succès d'audience de Blogmusik, qui propose déjà plus de 200 000 titres à l'écoute, le jeune entrepreneur du web se montre soucieux de se mettre en conformité avec la législation sur le droit d'auteur et les droits voisins. « J'ai obtenu un rendez-vous avec la Sacem et j'envisage de démarcher les maisons de disques », confie t-il alors au blog Digital Jukebox. Il n'en est pas moins contraint de mettre lui aussi le site Blogmusik en berne dès le mois de mars 2007, sur injonction de plusieurs sociétés de gestion collective des droits de la musique, dont la Sacem.

Jonathan Benassaya et Daniel Marhely

Quelques semaines plus tard, Daniel Marhely, qui ne renonce pas pour autant, est rejoint dans son aventure par Jonathan Benassaya, un autre jeune entrepreneur français de retour de Chine, où il développait les activités d'une société spécialisée dans le in game advertising (publicité dans les jeux vidéo), qu'il vient de céder sur place. Les deux associés, dont les routes se sont croisées dans les couloirs de l'incubateur de start-up Paris Innovation, vont travailler de concert au développement d'une nouvelle version commerciale de Blogmusik, qui a pour ambition de mettre gratuitement à disposition du public, à des fins d'écoute à la demande, un catalogue de titres de musique hébergés de manière centralisée et licenciés en bonne et due forme par les labels et les maisons de disques.

« Nous avons pris la décision de mettre le site en berne afin de démarrer les discussions avec tous les ayant droit. Nous souhaitons toujours proposer un service de base gratuit aux internautes, qui sont de plus en plus friands de musique, en rémunérant les ayant droit par la publicité », confie Jonathan Benassaya au magazine Musique Info. Le concept de Blogmusik est celui d'un juke-box à la demande légal. « N'importe quel utilisateur pourra créer ses propres playlists, les partager, et écouter ce qu'il veut quand il veut », promet celui qui est désormais PDG de Deezer. « Nous sommes en train de réfléchir à tout ce qui est mécanisme de pub sonore », ajoute t-il. « Nous devons trouver de nouvelles méthodologies de monétisation pour avancer. […] Notre challenge, aujourd'hui, est de convaincre les annonceurs qui ont l'habitude d'être présent sur un média comme la radio. »

Le duo Marhely-Benassaya attire très vite l'attention de Xavier Niel, fondateur de Free

Le duo Marhely-Benassaya, qui a rouvert le site Blogmusik au mois d'avril, attire très vite l'attention de Xavier Niel, fondateur du fournisseur d'accès à Internet Free. Il flaire une opportunité et investit 250 000 € dans la start-up contre 20 % de son capital. Elle n'a que sept mois d'existence, mais se retrouve valorisée 1,25 million d'euros. Son concurrent Neuf Télécom s'apprêtant, de notoriété publique, à lancer un service de téléchargement illimité sur abonnement à la rentrée, en partenariat avec la maison de disque Universal Music, le patron de Free met la pression sur les deux acolytes pour qu'ils bouclent leurs négociations avec la Sacem, trouvent un autre nom, et annoncent eux aussi, avec le soutien actif de Free, le lancement d'un nouveau service de musique en ligne légal.

Un accord de principe est conclu in extremis à la fin du mois d'août 2007 avec Catherine Kerr-Vignale, alors membre du directoire de la Sacem en charge des négociations avec les nouveaux acteurs d'Internet. C'est une première. « Par cet accord, on jette les fondations du développement légal de la musique à la demande », déclare à l'AFP Jonathan Benassaya. Le site est relancé sous le nom de Deezer. Le succès est immédiat et le trafic explose. « Les dix jours qui ont suivi le lancement de l'offre ont sans aucun doute été les pires de ma vie. Nous n'étions absolument pas préparés techniquement, les serveurs plantaient, nous n'avions pas de locaux et nous n'étions même pas une dizaine », confie plus tard Daniel Marhely au magazine Décideurs.

Passé ce coup de feu, les fondateurs de Deezer, qui élisent domicile dans un appartement du XVIème arrondissement de Paris mis à disposition par Xavier Niel, doivent encore convaincre les labels et les maisons de disques de les suivre, en capitalisant sur le précédent de l'accord signé avec la Sacem. Sony BMG est la première des majors de la musique en France à franchir le pas au mois d'octobre 2007, suivie par le distributeur numérique Believe et le label indépendant Because en janvier 2008. Le catalogue de Deezer franchit alors la barre des 1,5 million de titres, et l'audience du site, dont l'interface est disponible en seize langues, ne cesse de croître.

De quelques centaines de milliers de visiteurs uniques au mois d'août 2007, l'audience de Deezer est passée à 3,5 millions de visiteurs uniques dans le monde au mois de janvier 2008, annonce Jonathan Benassaya à l'occasion du Midem, le rendez-vous international de l'industrie musicale organisé chaque année à Cannes. « Je suis fier d'avoir été le premier à signer. Jonathan Benassaya et toute l'équipe de Deezer ont beaucoup d'ambition et une vraie vision de ce que pourrait être le marché de la radio numérique à la demande », confie alors Christophe Lameignière, PDG de Sony BMG France, dans les couloirs du Palais des Festivals.

MIDEM 2008 : Interview de Jonathan Benassaya - Fondateur de Deezer from Musique 2.0 on Vimeo.

La signature d'un accord européen avec le numéro un du marché de la musique Universal Music, qui porte sur trente cinq territoires, intervient non sans douleur au mois de mai 2008. Warner Music ouvre son catalogue à Deezer à l'automne suivant. L'accord signé porte sur le monde entier. La quatrième major du disque, EMI Music, franchit à son tour le pas en avril 2009. Pour emporter leur décision, Jonathan Benassaya, qui a été formé à l'ESSEC (École supérieure des sciences économiques et commerciales), raconte y être allé au bagou : « Nous leur avons expliqué que 80 % de leurs titres sont piratés, que la consommation musicale est désormais gratuite, et qu'en signant avec nous ils récolteraient au moins de nouvelles recettes », explique t-il au Nouvel Observateur.

Entre temps, Deezer a lancé sa propre régie, Deezer Media, afin de commercialiser directement son inventaire publicitaire. Les premières opérations spéciales (avec Nissan, notamment) se mettent en place. Le service met alors à disposition un catalogue de 4,5 millions de titres qui peuvent être écoutés à la demande. Il revendique 7 millions d'utilisateurs enregistrés, dont 5 millions en France. La fusée Deezer est lancée. Ses fondateurs ne sont pas pour autant au bout de leur peine.

Un modèle économique en construction

Depuis fin 2002, la crise du disque, qui a démarré aux États-Unis, frappe durement la France. En 2007, les ventes de CD et DVD ont encore reculé de presque 20 %. « Au cours de ces cinq dernières années, le marché physique a perdu 49.2 % de sa valeur », indique le SNEP (Syndicat national des éditeurs phonographiques) dans son bilan annuel rendu public lors du Midem 2008. C'est 640 millions d'euros de moins qui sont rentrés dans les caisses des labels et des maisons de disques en 2007 par rapport à 2002, année record qui a vu le chiffre d'affaires de l'industrie musicale en France atteindre 1,3 milliard d'euros. Malgré une croissance à deux chiffres (+ 17 %), le numérique, porté par les ventes de sonneries pour mobile et par du téléchargement payant sur Internet qui cannibalise fortement les ventes physiques de singles, ne pèse que 7 % du marché, et ne compense qu'à la marge les pertes qui s'accumulent par ailleurs.

Depuis le début de la décennie, le piratage est devenu endémique sur les réseaux peer-to-peer, qui permettent à des millions d'internautes d'échanger entre eux des titres de musique déjà numérisés, ou grâce aux moyens de copie comme les lecteurs et graveurs de CD qui se sont plus que démocratisés. En introduisant un modèle de monétisation de l'accès gratuit à la musique, Deezer incarne une alternative susceptible de détourner les internautes du téléchargement illégal, que les acteurs de la filière musicale sont disposés à expérimenter. C'est ce qui en fait l'une des vedettes du Midem 2008, qui consacre une de ses conférences professionnelles au « Free Music Business » (le marché de la musique gratuite). Jonathan Benassaya évoque « une réponse concrète au problème du piratage ». Mais les premiers doutes sur la pérennité du modèle s'expriment déjà sur la Croisette.

« Cette année, tout le monde dit que le modèle du futur est celui d'une rémunération publicitaire. Ce qu'il faut bien voir, c'est qu'aujourd'hui, lorsqu'un titre est vendu 0,99 € sur iTunes, 70 centimes d'euro vont à la création. Pour un titre écouté sur un service financé par la publicité, cette rémunération est inférieure à un dixième de centime d'euro. Je vous laisse calculer le nombre d'écoutes nécessaire pour parvenir à une rémunération équivalente à celle de l'achat d'un titre en téléchargement », confie Denis Ladegaillerie, PDG et fondateur du distributeur numérique Believe, à deux vidéoblogueurs (Les Catalyseurs Numériques) qui couvrent le Midem. Il met là le doigt sur le véritable changement de paradigme économique que constitue pour les labels et les maisons de disques le modèle du streaming.

MIDEM 2008 : Interview de Denis Ladegaillerie - PDG de Believe from Borey on Vimeo.

Si la rentabilité de l'écoute à la demande financée par la publicité est loin d'être assurée pour les labels, qui voient leur retour sur investissement dans la production d'albums renvoyé aux Calendes grecques, elle n'est pas plus assurée pour une plateforme comme Deezer, qui ne diffuse pas encore de publicité audio, et dont le chiffre d'affaires publicitaire est loin de couvrir les coûts du copyright. « Je ne vois pas comment on peut financer le streaming audio à la demande avec de la publicité au CPM (coût pour mille affichages) », s'étonne Ludovic Leu, P-DG de MusicMe, un service de streaming musical français lancé en 2006, qui contrairement à Deezer a tout misé sur l'abonnement et peine à recruter des utilisateurs payants. « Mille affichages correspondent à mille écoutes, qu'il faut rémunérer entre 0,01 € et 0,015 € l'unité en fonction des labels, soit 10 € HT au CPM. Or les sites web qui font le meilleur score sur le marché français de la publicité en ligne ne dépassent pas les 7 € H.T. au CPM », explique-t-il.

Bien que les accords de licence négociés avec les majors de la musique restent sous NDA (Non Disclosure Agreement), c'est à dire totalement confidentiels, leur nature commence à fuiter. Fin 2007, l'américain Michael Robertson, fondateur de la plateforme d'hébergement Mp3.com, revendue à Vivendi Universal en 2001 pour 372 millions de dollars, dénonçait déjà, dans une tribune parue aux États-Unis, les exigences jugées « extravagantes » des maisons de disques à l'égard des plateformes de streaming gratuit : au delà du partage des revenus publicitaires, elles exigent une rémunération minimale à l'écoute, avec des avances sur recettes colossales et non remboursables en cas de surplus, et bien souvent une participation « non diluable » dans le capital de la start-up, avançait-il.

Jiwa : « Nous ne parvenons pas à recouper les avances consenties aux majors par l'exploitation qui est faite de leurs catalogues (...) Une écoute peut même nous coûter jusqu'à 10 centimes »

« Les avances que nous devons verser pour chaque catégorie d'utilisation des catalogues sont fixées à la tête du client. Elles vont de 200 K€ à 500 K€ par an en fonction des majors », révèle Alexandre Marie, PDG d'Apache Network, l'opérateur du service sur abonnement MusicMe, alors qu'un rapport commandé par le gouvernement à Patrick Zelnick, dirigeant du label et distributeur indépendant Naïve, met l'accent, début 2010, sur la nécessité de faire toute la transparence sur ces pratiques contractuelles. Elles étranglent financièrement les nouveaux entrants de ce marché, dressent des barrières à l'entrée, et compromettent son développement, dénonce le rapport. Alexandre Marie cite le cas d'une major dont l'exploitation du catalogue sur MusicMe recouvre à peine 50 % des avances versées, dont le surplus n'est pas récupérable.

« Nous sommes très en deçà des capacités à consommer les très grosses avances demandées par certaines maisons de disques », confirme publiquement à sa suite Jean-Marc Plueger, PDG de la plateforme de streaming française Jiwa. « À l'exception de celles d'Universal Music,[...] nous ne parvenons à recouper aucune des avances consenties aux majors par l'exploitation qui est faite de leurs catalogues. Nous mangeons notre chapeau avec toutes les autres. À tel point que dans le cas de Sony Music, une écoute peut nous coûter jusqu'à 10 centimes », confie t-il au site Electronlibre.info. Il révèle alors que Sony Music réclame à Jiwa 400 K€ par an de revenus minimum garantis, contre 250 K€ pour EMI et 180 K€ pour Universal Music. Les exigences de Warner Music s'élèvent pour Jiwa à 100 K€ sur 18 mois.

Dans ces conditions, un acteur comme Jiwa, dont le chiffre d'affaires publicitaire ne couvre pas le tiers des minimums garantis annuels exigés, et qui a refusé toute prise de participation des majors dans son capital, est condamné. Le site, que ses fondateurs ont développé sur leurs fonds propres, ne parvient plus à payer ce qu'il doit aux maisons de disques. Il est mis en liquidation judiciaire dans le courant de l'été 2010. Les majors du disque assument. Interrogé sur le sujet des avances à l'occasion du Midem 2009, Pascal Nègre, P-DG d'Universal Music France, déclare sans ambage : « Je ne vois pas l'intérêt d'ouvrir l'accès à l'ensemble de notre catalogue si cela ne nous rapporte pas au moins 10 000 € par mois. »

Pascal Nègre : « Je ne vois pas l'intérêt d'ouvrir l'accès à l'ensemble de notre catalogue si cela ne nous rapporte pas au moins 10 000 € par mois. »

Christophe Lameignère, président du SNEP et P-DG de Sony Music France, enfonce le clou quelques semaines plus tard dans Musique Info, en déclarant : « On ne va quand même pas offrir les six millions de titres disponibles sans aucune garantie à n'importe quel péquin qui arrive et se dit : tiens, on a va faire un business, si ça marche tant mieux, sinon tant pis, je n'aurai pas pris de risques. » « II y a un coût d'acquisition du catalogue, c'est une matière première qui a une valeur, estime de son côté Christophe Soulard, porte-parole du MMFF (Music Managers Forum France). Si le business model des acteurs du web ne prend pas en compte ce coût, c'est une erreur. L'acquisition des droits n'est pas quelque chose qui se traite par dessus la jambe. »

En quête de cash à brûler

Pour faire face à ces exigences, Deezer, qui ne dispose pas des fonds nécessaires et commence à connaître ses premières difficultés financières, parvient à lever 4,8 millions d'euros auprès du fonds d'investissement français DotCorp Asset Mangement en octobre 2008. Créé un an plus tôt par les frères Jean-Emile et Steeve Rosenblum, cofondateurs du site de e-commerce Pixmania, dont ils ont cédé l'essentiel du capital pour 266 millions d'euros en 2006, DotCorp Asset Management détient désormais 24 % des parts de Deezer, dont la valorisation post-dilution a crû de manière exponentielle en l'espace de six mois, à hauteur de 20 millions d'euros.

Les fonds levés vont servir pour l'essentiel à payer des avances aux majors, qui ne seront pas recouvrables en cas de sous-exploitation des catalogues. Selon Le Figaro du 9 mars 2010, le montant total des avances versées par Deezer aux quatre plus grandes maisons de disques, qui pèsent à elles seules 80 % du chiffre d'affaires de l'industrie musicale en France, avoisinerait cette année-là les 3 millions d'euros. La plateforme doit par ailleurs rémunérer des milliers de labels indépendants, ainsi que les auteurs-compositeurs et éditeurs de musique membres de la SACEM, qui s'est assurée de percevoir 8 % de ses recettes publicitaires en leur nom dans l'accord signé en 2007.

Évolution du nombre de recherches (en unité arbitraire) du mot « Deezer » sur Google

Au terme des accords signés avec Deezer, les quatre majors de la musique ont pu acquérir pour une bouchée de pain (entre 0,01 € et 0,1 € l'unité, révélera quelques années plus tard un prospectus financier à destination des investisseurs) des options convertibles en actions de Deezer (ou BSA, pour bons de souscription d'action), pouvant être exercées lors d'une augmentation de capital, d'une introduction en bourse ou d'une cession. Ces BSA leur donnent potentiellement accès à plus de 20 % du capital de la compagnie. En attestera un rapport du commissaire aux apports d'Odyssey Music Group, la nouvelle holding de Deezer, rendu public sur la toile par BFM Business en 2012.

Un mécanisme d'anti-dilution a été mis en place, qui permet aux majors de recevoir de nouvelles options à chaque levée de fonds. « Ce contrat d'investissement a été conclu en 2007. Ces BSA n'ont pas été imposés par Sony Music. Ils ont fait partie des négociations tout comme les autres conditions commerciales. C'est un deal commercial dans sa globalité, avec une part valorisée en nature via les BSA, et une autre part valorisée en industrie. Nous avons souscrit nos BSA pour un prix d'exercice égal à la valeur de Deezer à ce moment-là. Nous avons de fait participé à la création de la valeur de Deezer, tout comme d'autres investisseurs », justifie Sony Music France.

Les revenus financiers que les majors peuvent espérer tirer de leur participation au capital ont été une forte incitation

Plus que le surplus annuel d'avances non recoupées (appelé breakage), qui sera encore de 2 millions d'euros en 2014 chez Deezer, contre plus de 13 millions d'euros en 2013, les revenus financiers que les majors peuvent espérer tirer de leur participation dans son capital ont été pour elles une forte incitation. Elles ont tiré la leçon de précédents comme la vente de Youtube à Google en 2006, pour 1,65 milliard de dollars, sur laquelle elle n'ont perçu que 50 millions de dollars ; ou de celle de Last.fm à CBS en 2007, pour 280 millions de dollars, sur laquelle elles n'ont rien touché. Les deux plateformes exploitaient leur catalogue sans autorisation et dans le plus grand flou juridique.

Dès 2009, Deezer, qui doit remettre au pot des avances chaque année, s'efforce de viabiliser son modèle économique, avant de le répliquer à l'étranger : d'abord, en introduisant la publicité audio, ce qui peut lui aliéner certains de ses utilisateurs, mais va lui permettre de draguer les annonceurs traditionnels du média radio. « Nous avons mis dix-sept mois à l'expérimenter et à la mettre en place », confie son PDG Jonathan Benassaya. La pérennité du modèle économique de Deezer en dépend. Ce besoin de maturation, Jonathan Benassaya l'assume, comme l'obligation désormais faite à l'internaute de s'enregistrer et de s'identifier pour écouter de la musique sur Deezer, qui s'inscrit pleinement dans ce processus.

« Cette obligation répond à deux objectifs, explique le jeune patron de Deezer : d'une part, elle va nous permettre de commercialiser des produits publicitaires de plus en plus ciblés ; d'autre part, elle répond à un besoin de profiling plus poussé, sur lequel repose toute la stratégie de la nouvelle version de Deezer, qui va introduire de nouvelles fonctions de recommandation. » La plateforme s'efforce également de mettre en place, sous la pression des ayant droit, un contrôle territorial de l'accès à son catalogue, et d'être respectueuse du périmètre des licences accordées, en mettant en œuvre la détection d'adresse IP et la géolocalisation des internautes. Les titres non couverts par une licence sur un territoire donné apparaissent grisés dans l'interface web du service, et ne peuvent plus être écoutés depuis ce territoire.

Une petite appli pour iPhone et iPod Touch de Deezer est disponible dans le app store d'Apple depuis octobre 2008, qui donne accès gratuitement à un bouquet de 30 webradios thématiques et à des « smartradios » (des flux audio dits semi-interactifs, générés automatiquement à partir d'un nom d'artiste ou du profil de l'utilisateur). Cette appli Deezer arrive sur Blackerry, téléphone mobile alors très prisé par les usagers professionnels, au mois de mars 2009. Au mois de juillet, une version béta est disponible dans le app store de Google pour les téléphones mobiles équipés de son système d'exploitation Android. Un accord de distribution est également conclu avec Logitech, fabricant de souris, de claviers, de télécommandes... et de systèmes d'enceintes hi-fi sans fil.

Malgré tous ces développements, le chiffre d'affaires publicitaire réalisé par la compagnie, de l'ordre de 6 millions d'euros en 2009, est loin d'être convaincant, ni de suffire à couvrir tous ses besoins en cash. Deezer enregistre une perte de l'ordre de 3 millions d'euros sur l'ensemble de son exercice 2009. Le site, qui compte alors plus de dix millions d'utilisateurs enregistrés, est fragilisé du point de vue financier. Plus son audience croît, plus les coûts du copyright qu'il doit assumer montent en flèche. Ils représentent déjà la moitié de son chiffre d'affaires.

Daniel Marhely : « Nous signons dans la nuit, et au matin, nous portons le chèque à Pascal Nègre. »

Une nouvelle augmentation de capital est nécessaire. Elle intervient au mois d'octobre 2009. Deezer lève alors 6,5 millions d'euros auprès de deux nouveaux investisseurs : les fonds IdInvest (ex-AGF Private Equity) et CM-CIC Capital Privé, qui se sont laissés convaincre par la perspective du lancement de deux offres payantes, sur ordinateur et sur mobile, et se retrouvent détenteurs de près de 23 % du capital de Deezer. Pour la jeune start-up, la quête de cash à brûler pour atteindre une taille critique vient de commencer.

L'opération permet in extremis à Deezer de verser à Universal Music les 2 millions d'euros que la maison de disques lui réclame avec insistance depuis des mois. « Nous signons dans la nuit, et au matin, nous portons le chèque à Pascal Nègre », raconte Daniel Marhely au journal Le Monde. Le tour de table porte à plus de 12 millions d'euros la totalité des fonds levés par Deezer depuis sa création deux ans auparavant, Jonathan Benassaya contrôle toujours 10 % de son capital, et Daniel Marhely 29 %. La valorisation de la compagnie est alors de 28 millions d'euros.

Le difficile tournant de l'abonnement

En 2009, le streaming à la demande financé par la publicité a rapporté moins de 4 millions d'euros aux maisons de disques et aux labels en France, pour l'essentiel abondés par Deezer, selon les chiffres communiqués par le SNEP au Midem 2010. C'est deux fois plus que l'année précédente, mais cela ne représente que 5 % du marché de gros numérique, et moins de 1 % d'un marché global de la musique encore largement dominé par les ventes physiques (CD, DVD), à hauteur de 87 %.

Le modèle de la gratuité financée par la publicité n'est plus vraiment en odeur de sainteté sur la Croisette. Pas plus que Jonathan Benassaya, qui s'est obstiné dans cette direction, n'est en odeur de sainteté auprès de ses actionnaires. Ils sont déçus des faibles performances des offres payantes (à peine 15 000 abonnés recrutés en trois mois sur des millions d'utilisateurs), qu'il s'est finalement laissé convaincre de lancer fin 2009. Les prévisionnels soumis aux actionnaires, lors de la levée de fonds réalisée quelques mois plus tôt, leur auraient fait miroiter un taux de conversion en abonnés payants bien plus élevé. Au rythme actuel, l'objectif de Jonathan Benassaya de recruter 100 000 abonnés avant la fin 2010 a de moins en moins de chance d'être atteint. Alors qu'on attend sa venue à Cannes pour intervenir lors d'une conférence, le site Electronlibre.info annonce qu'il a été débarqué de son poste de P-DG de Deezer. Il n'en est plus que président.

La nomination d'Axel Dauchez, un ancien de chez Procter & Gamble et de l'agence BDDP Interactive à la direction générale de Deezer, en remplacement de Jonathan Benassaya, ouvre une nouvelle ère : celle de la difficile conversion au modèle de l'abonnement payant, et du développement du service à l'international. Fort du précédent qu'il a créé et de sa forte notoriété sur le marché français, qu'il domine très largement, Deezer ne prend pas encore ombrage de l'émergence d'un nouveau concurrent en Europe : le suédois Spotify, qui comme lui mise sur la gratuité pour promouvoir ses offres payantes. La principale valeur ajoutée de ces offres dites « premium », en dehors de l'absence de publicité, est la possibilité d'écouter des playlists et des sélections d'albums hors connexion sur un appareil mobile. Un nouveau modèle succède à celui du tout gratuit : celui du « freemium » (une offre gratuite qui permet de recruter des abonnés « premium »), dont les deux start-up européennes vont se faire les hérauts.

Dès le lancement des bundles d'Orange, le taux de recrutement de nouveaux abonnés par Deezer monte en flèche

Afin de promouvoir ses offres payantes, le nouveau directeur général de Deezer conclut un véritable pacte avec l'opérateur de télécommunications français Orange. Dès le mois d'août 2010. Orange va proposer le service Deezer en bundle (l'abonnement à Deezer est inclus dans ses forfaits) avec ses offres ADSL et mobile. L'objectif est notamment de recruter 300 000 abonnés à 9,99 € par mois d'ici à fin 2010. Orange apporte dans la corbeille du deal son service de streaming maison Wormee, valorisé 5,6 millions d'euros, qui va être absorbé par Deezer. L'opérateur reçoit en échange des actions et des options (BSA) qui lui permettent d'entrer à hauteur de 11 % dans le capital de Deezer, que l'opération valorise à hauteur de 47 millions d'euros.

Dès le lancement des bundles d'Orange, le taux de recrutement de nouveaux abonnés par Deezer monte en flèche, et passe de 6000 à 100 000 par mois. L'accord n'est pas du goût de tout le monde. « L'alliance entre Deezer et Orange est un scandale, elle tue l'écosystème de la musique en ligne et détruit le marché », dénonce alors Yves Riesel, co-fondateur, avec Alexandre Leforestier, de la plateforme de streaming Qobuz, qui a fait le pari du son haute définition pour se démarquer, et n'offre pas de service tiers gratuit. Il y voit une subvention, par une entreprise privée dont l'État est toujours actionnaire, d'un acteur dominant du marché au détriment de ses concurrents.

Pour Deezer, l'opération est semble t-il une réussite. Le service revendique 500 000 abonnés en janvier 2011 et atteint, avec six mois d'avance, l'objectif d'un million d'abonnés avant l'été. En septembre 2011, Deezer et Orange étendent leur partenariat et leurs offres de bundle aux abonnés d'Orange au Royaume Uni. Après une année 2010 encore déficitaire, la plateforme de streaming est bien partie pour sortir du rouge, au moins pour ce qui est de la France, territoire où se concentrent la grande majorité de ses abonnés, et sur lequel elle se dit désormais rentable. De nombreux signaux sont au vert. Le marché français du streaming gratuit et sur abonnement est en forte progression (+ 75 % en valeur sur un an). Il rapportera près de 40 millions d'euros aux labels français en 2011. Pour le numéro un français du streaming, qui revendique un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 70 millions d'euros et 1,4 million d'abonnés, il est temps de songer à exporter son modèle.

Un rapide et coûteux déploiement à l'international

Depuis septembre 2011, Deezer est présent sur les mobiles au Royaume-Uni grâce à son partenariat avec Orange. Un bureau est ouvert à Londres, qui recrute très vite huit personnes. Le nouveau directeur général de Deezer UK, Mark Foster, souligne dans L'Express l'importance de recruter une équipe locale dans chaque pays, qui soit imprégnée de sa culture musicale. Ce sera un des piliers de la stratégie de développement à l'international engagée par Axel Dauchez : la forte localisation du service, à commencer par celle du catalogue et de l'éditorial (playlists, tops, recommandations, mises en avant, etc.). Une trentaine de zones éditoriales distinctes sont définies, dans une douzaine de langues.

Pour son déploiement à l'international, Deezer noue systématiquement, comme en France, des partenariats avec les opérateurs mobiles locaux pour distribuer son offre en bundle. La relation de Deezer avec son actionnaire Orange n'est pas exclusive. Au mois de décembre 2011, le service se lance en Belgique en partenariat avec l'opérateur Belgacom. Un bureau est ouvert à Bruxelles, et deux personnes sont recrutées. Deezer mise également sur sa récente intégration au réseau social Facebook, qui permet de partager et d'écouter directement de la musique depuis son interface, pour recruter de nouveaux utilisateurs partout dans le monde. « Cette évolution reflète la pleine transformation géographique du marché de la musique qui se concentrait jusqu'ici dans sept pays », commente Axel Dauchez.

Son concurrent Spotify n'est alors présent que dans une vingtaine de pays.

Le 7 décembre 2011, Deezer annonce, à l'occasion du forum LeWeb à Paris, son objectif d'être présent dans plus de deux cent pays au mois de juin 2012, dont 45 pays européens dès la fin 2011, parmi lesquels l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et la Russie. « Deezer deviendra le seul service de streaming de musique vraiment mondial disponible en Europe, en Amérique du Sud, en Afrique de l'Ouest, en Afrique du Nord, au Canada, en Asie du Sud-Est et en Australie », claironne son directeur général. Son concurrent Spotify n'est alors présent que dans une vingtaine de pays. Fin avril 2012, la plateforme Deezer est lancée au Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande. Au mois de juin, trente cinq nouveaux territoires sont couverts en Amérique Latine, dont le Chili, la Colombie, l'Argentine et le Mexique. Son partenariat avec Orange permet en outre à Deezer de se lancer dans la foulée dans deux pays africains : la Côte d'Ivoire et la Mauritanie.

Un seul territoire fait étonnamment défaut dans cette longue liste, et non des moindres, puisqu'il s'agit des États-Unis, premier marché mondial de la musique. « Aux États-Unis, il y a d'abord un problème de compétition. Pas tellement avec les services d'abonnement, mais avec Amazon, iTunes et Pandora. Ils sont tellement en position de force – surtout iTunes –, et Pandora capte déjà tellement de temps d'audience, que la concurrence y est très solidement en place. Et les coûts d'acquisition y sont par conséquent très élevés », confie Axel Dauchez au site Electronlibre.info. « Nous n'irons aux États-Unis que lorsque nous aurons un angle, un partenariat ou un avantage concurrentiel spécifiques. Nous avons eu des opportunités cet été, et c'est sciemment que nous ne les avons pas saisies », ajoute t-il. Il préfère préserver le bilan de la compagnie : « Nous sommes rentables depuis fin 2010 et nous le devons à notre choix d'aller dans des pays où il y a de la croissance et de la marge, plutôt que d'aller dans ceux où il y a une forte compétition et pas de marge », explique t-il.

Du fait du déploiement accéléré opéré à l'international, le patron de Deezer prévoit que son chiffre d'affaires va « doubler ou tripler » l'année suivante. Mais malgré l'impasse faite sur le marché américain, la compagnie va de nouveau devoir supporter des pertes. « Nous ne redeviendrons rentables qu'en 2014 », confie Axel Dauchez. Même si le modèle du « freemium », ainsi que la politique de bundle initiée avec les opérateurs de telecoms et le partenariat avec Facebook réduisent significativement ses coûts d'acquisition de nouveaux clients, l'expansion territoriale engagée par Deezer nécessite de lourds investissements. La compagnie doit songer à se refinancer si elle veut passer à la vitesse supérieure. C'est ce qu'elle va réussir à faire haut la main.

Début octobre 2012, Deezer, qui revendique 2 millions d'abonnés payants et des millions d'utilisateurs inscrits dans 172 pays, réalise un méga tour de table de 100 millions d'euros auprès d'Access Industries, fonds d'investissement de l'homme d'affaires russo-américain Len Blavatnik, qui a racheté la maison de disques Warner Music Group pour 3,3 milliards de dollars un an plus tôt, et a déjà investi dans la plateforme de streaming américaine Beats. Access Industries, qui est basé à New York, a racheté des parts de certains actionnaires historiques de Deezer pour 25 millions d'euros, et contribué à une augmentation de capital à hauteur de 75 millions d'euros, s'arrogeant ainsi 32,6 % du capital.

Deezer emménage dans de nouveaux locaux pouvant accueillir 170 personnes rue d'Athènes, à Paris, à deux pas du siège hexagonal de Google

Selon la lettre d'information financière CF News, le fonds Dotcorp Asset Management des frères Rosemblum, qui a participé aux trois premiers tours de table de Deezer, en profite pour sortir partiellement du capital, ne conservant plus que 14 % des parts. Le fondateur Daniel Marhely s'en sort lui aussi avec un très beau « cash-out ». Le fonds IdInvest aurait remis au pot, mais pas CM-CIC Capital Privé, qui est un peu dépassé par le montant levé. Orange a exercé un quart des ses BSA. Deezer, qui vient d'emménager dans de nouveaux locaux pouvant accueillir 170 personnes rue d'Athènes, à Paris, à deux pas de la gare Saint-Lazare et non loin du siège hexagonal de Google, est désormais valorisé autour de 350 millions d'euros.

La start-up vient d'entrer dans la cour des grands, et va pouvoir accélérer sa croissance à l'international. Mais il y a quelque chose de « pourri » au royaume de Deezer, quelque chose qui ne tourne pas rond dans sa politique de « hard bundle » avec Orange et d'autres « telcos » à l'international, et qui sème le doute sur le nombre d'abonnés que la plateforme de streaming française revendique. C'est une épine qu'elle s'est mise toute seule dans le pied, et qu'elle va très vite devoir enlever.

A la chasse aux abonnés fantômes

Plus des deux tiers des abonnés recensés par Deezer sont en effet des bénéficiaires des bundles d'Orange qui n'ont pas activé le service. Comptabiliser à son actif des abonnés qui n'utilisent pas le service, même si ces bundles non actifs sont rémunérés par Orange, n'est pas très satisfaisant. L'affaire éclate courant 2012, lorsque Orange menace de ne pas renouveler son accord avec Deezer une fois ce dernier arrivé à échéance. Il y a beaucoup trop d'abonnés fantômes dans son bilan. Avec des taux d'activation aussi faibles, ces bundles s'avèrent d'un coût prohibitif pour l'opérateur, qui n'en tire pas un grand bénéfice en terme de recrutement. « Personne ne prend un forfait Orange pour avoir Deezer », reconnaît volontiers Laurence Le Ny, la directrice de la musique chez Orange.

« A raison de 2,50 € HT par abonné, actif ou non, payés chaque mois par Orange à Deezer, la facture commençait à devenir extrêmement lourde pour l'opérateur, à hauteur de 12,50 € HT par abonné actif », révèle le site Electronlire.info. Deezer parvient néanmoins à sauver la mise in extremis, obtenant d'Orange qu'il prolonge les offres de bundle jusqu'en juillet 2015, sous certaines conditions qui lui restent très favorables : « Orange s'est en effet engagé à reverser à Deezer 2 millions d'euros par mois, quelque soit le nombre d'abonnés actifs, à concurrence de 800 000 abonnés actifs, et 2,50 € HT par mois et par abonné actif au delà de ce seuil. [...] Pour Deezer et pour les labels, c'est la garantie de maintenir le volume d'affaires des offres de bundle à hauteur de 24 millions d'euros par an au cours des trois ans à venir, soit un total de 72 millions d'euros », relate Electronlibre.info. Ce volume d'affaires n'ira pas au delà si les bundles ne parviennent pas à recruter plus de 800 000 abonnés actifs avant la fin de la période de prorogation.

Freemium : converting to pay (Midia Research, 2013)

Un prospectus publié trois ans plus tard à destination des investisseurs - alors que Deezer, toujours en quête de montagnes de cash à brûler, envisage de réaliser une introduction en bourse qui valoriserait la compagnie à plus d'un milliard d'euros - fait toute la lumière sur cette affaire, et la plus grande transparence sur la réalité de ses opérations et de ses résultats financiers. C'est ce qu'exige l'Autorité des marchés financiers (AMF) en pareille circonstance. Sur les 6,9 millions d'abonnés revendiqués par Deezer fin 2014 dans le monde, on dénombre 1,3 million d'abonnés directs (19 %), révèle le document. Le reste (5,6 millions) est constitué de bundles, dont 1,6 million sont actifs, et 4 millions inactifs.

Deezer compte en réalité moins de 3 millions d'abonnés fin 2014

Le prospectus distingue deux types de bundles inactifs dans le bilan de Deezer : ceux qui sont rémunérés et ceux qui ne le sont pas. Ils sont un million à l'être du fait d'accords de « hard bundle » passés avec certains opérateurs et équipementiers (le service est rémunéré, qu'il soit activé ou non). Les trois autres millions de bundles inactifs, qui relèvent d'accords de « soft bundle » (le service n'est pas rémunéré si le service n'est pas activé), ne rapportent rien à Deezer. En 2014, seuls 56 % des 6,9 millions d'abonnements revendiqués par Deezer sont rémunérés, soit 3,9 millions, dont 1 million de « hard bundles » inactifs, 1,6 million de bundles actifs, et 1,3 million d'abonnements directs.

Du fait des nouveaux accords passés avec Orange, plus aucun bundle inactif n'est rémunéré en France, où Deezer revendique 1,6 million d'abonnés (directs et via des bundles actifs) à fin juin 2015, contre 1,2 million dans le reste de l'Europe (dont 500 000 bundles inactifs rémunérés) et 880 000 en Amérique latine (dont 253 000 bundles inactifs rémunérés). La plateforme de streaming a entrepris de purger son bilan de tous ces « abonnés fantômes » qui sont l'avatar des formules de « hard-bundle ». Il en reste encore 1 million dans ses livres de comptes fin 2014, essentiellement en Europe et en Amérique latine. Dans le reste du monde, le nombre de bundles inactifs rémunérés a été divisé par trois. Au premier semestre 2015, il fond de plus de 20 % au niveau mondial, et n'est plus que de 750 000 à fin juin 2015. Hors bundles inactifs, Deezer compte en réalité moins de 3 millions d'abonnés fin 2014. Leur nombre a augmenté de près de 40 % sur un an, mais cette hausse n'est que de 6 % au premier semestre 2015.

Axel Dauchez

Bilan d'une régence

C'est sa défiance à l'égard des États-Unis qui a probablement coûté son poste à Axel Dauchez, ou qui a fait qu'on l'a un peu poussé vers la sortie. Il finit par rendre son tablier de DG de Deezer en septembre 2014, officiellement pour des questions de nécessaire évolution managériale qui ne trompent personne : son principal actionnaire, Access Industries, est impatient de voir le service de streaming se lancer aux États-Unis ; et malgré l'ouverture d'un bureau à New York pour tâter le terrain, il estime que les choses ne vont pas assez vite.

Depuis un an, Deezer est présent dans 221 pays, mais son chiffre d'affaires ne progresse pas autant que les business plans mirifiques présentés fin 2012 aux investisseurs le laissaient augurer : à un peu plus de 92 millions d'euros en 2013, sa croissance n'est que de l'ordre de 30 %. Il n'a pas doublé ou triplé, comme le prévoyait Axel Dauchez. La préférence marquée de Deezer pour les marchés émergents abaisse mécaniquement son ARPU (revenu moyen par utilisateur), du fait de la nécessaire adaptation de sa politique de prix au pouvoir d'achat local. Et elle freine la progression de son chiffre d'affaires.

« Axel Dauchez se félicitait de préserver sa rentabilité alors que, dans le même temps, Spotify dépensait des millions pour alimenter sa croissance galopante »

Celui que le magazine Challenges présentait comme « le messie des maisons de disques » quelques semaines plus tôt se voit reprocher sa frilosité et son profil de « gestionnaire beaucoup plus régent que conquérant », comme le décrit un observateur du marché cité par Le Journal du Net, qui ajoute : « Il se félicitait sans cesse de préserver sa rentabilité alors que dans le même temps Spotify dépensait des millions d'euros pour alimenter sa croissance galopante ». Ce à quoi un actionnaire de Deezer rétorque dans les mêmes colonnes : « Le problème est qu'on ne sait pas où se situe la ligne d'arrivée de cette course ». Le risque est selon lui de se lancer dans une véritable « fuite en avant » : « Si le marché du streaming musical n'a toujours pas explosé d'ici deux ou trois ans, Spotify se trouvera contraint de lever à nouveau plusieurs centaines de millions d'euros », avance t-il, non sans faire preuve d'une certaine pré-science.

De nombreux indicateurs sont pourtant au vert chez Deezer, avec notamment, dès 2013, une très forte progression des revenus en Europe (hors de France) et en Amérique latine. Mais la plateforme dépend trop du marché français. La part de ce dernier dans le chiffre d'affaires de Deezer diminue – elle est passée de 88 % en 2012 à 65 % en 2013, et ne sera plus que de 52 % en 2014 – mais elle reste trop importante. Item pour la part des bundles d'Orange dans les revenus de Deezer en France, même si elle régresse d'année en année, et ne sera plus que de 49 % en 2014, contre 66 % en 2012. Au premier semestre 2015, les bundles ne pèsent plus que 42 % du chiffre d'affaires de Deezer, contre 50 % pour les abonnements directs. C'est un des fruits de la régence d'Axel Dauchez.

Le prospectus financier publié par Deezer courant 2015, en amont de son projet d'introduction en bourse, dresse le bilan financier cette régence. Avec 78 millions d'euros de pertes nettes cumulées en trois ans (de 2012 à 2014), Deezer est encore loin du seuil de rentabilité. L'essentiel de ses pertes nettes est constitué par les pertes opérationnelles que la plateforme essuie sur les marchés émergents. C'est le prix à payer pour être présent dans plus de 220 pays. Les dépenses au niveau du groupe, essentiellement liées à l'expansion internationale de Deezer, ont augmenté de 22 % en 2014, mais leur part des revenus n'est plus que de 16,5 %, contre près de 21 % en 2013.

Les pertes opérationnelles sur les marchés émergents (Amérique latine et reste du monde) s'inscrivent à la baisse au premier semestre 2015. Avant allocation d'une part des dépenses faites au niveau du groupe, l'Amérique latine, qui a presque multiplié par trois le nombre d'abonnés directs et de bundles actifs en 2014, est presque à l'équilibre. En France, le bénéfice avant impôts (EBITDA) de Deezer est de 7 millions d'euros en 2014. Il pourrait atteindre 12 millions d'euros en 2015, indique le prospectus financier de Deezer. Au premier semestre 2015, Deezer a réduit ses pertes nettes à environ 9 M€ (10 % du CA), contre 13 M€ (20 % du CA) un an plus tôt sur la même période.

Deezer estime que les avances sur minimum garanti devraient être couvertes par les usages réels à partir du premier semestre 2015

Autre indicateur au vert, la part des revenus de Deezer engloutie par les droits musicaux, qui constituent l'essentiel de ses coûts, régresse d'année en année. En 2014, la compagnie a reversé 112,5 millions d'euros aux ayant droit de la musique sur un chiffre d'affaires de 141 millions d'euros, soit près de 80 % de ses revenus. Cette proportion était de 89 % en 2012, et de 94 % en 2013. Elle n'est plus que de 76 % au premier semestre 2015. Enfin, les avances sur minimum garanti devraient être couvertes par les usages réels à partir du premier semestre 2015, estime Deezer dans son document, sans surplus à verser en fin d'année. Le montant non recoupé de ces avances (breakage) a été de plus de 20 millions d'euros sur la période 2012 - 2024. Il a impacté directement la marge brute de Deezer. Elle a été de 15,6 % du chiffre d'affaires en 2014, contre 2,4 % en 2013 et 8,7 % en 2012. Hors avances non recoupées, la marge brute de Deezer aurait été de l'ordre de 16 % à 18 % sur ces trois années.

Le virage américain

Quelques mois après le départ d'Axel Dauchez, et alors que Daniel Marhely se retrouve momentanément seul aux commandes de Deezer, une première offre Deezer Elite est lancée aux États-Unis, en partenariat exclusif avec le fabricant de matériel hi-fi connecté Sonos. Comme son concurrent Qobuz en France, qui n'est pas parvenu à se refinancer et vient d'être placé en redressement judiciaire, le Français tente de se démarquer du suédois Spotify, déjà présent depuis trois ans sur le territoire américain et doté de moyens financiers sans commune mesure, en jouant la carte du son haute définition. L'exclusivité du partenariat avec Sonos ne porte que sur cette offre. Un deuxième partenariat est conclu avec le fabricant d'enceinte Bose pour distribuer l'offre Premium standard de Deezer auprès d'un public plus large. Deezer se retrouve ainsi pré-installé sur les nouvelles enceintes connectées de la marque.

Fin décembre 2014, l'homme d'affaires d'origine belge Hans-Holger Albrecht, qui dirigeait le groupe de médias et de télécoms allemand Millicom, est nommé P-DG de Deezer. En janvier 2015, la start-up renforce sa position aux États-Unis en faisant l'acquisition de l'américain Muve Music, le service de streaming musical de l'opérateur mobile Cricket Wireless, que celui de Deezer va remplacer dans son offre, ce qui lui donne potentiellement accès à 4,5 millions d'abonnés. Cricket Wireless est un service mobile pré-payé d'AT&T, qui va lui permettre d'adresser plus particulièrement la communauté hispanique. « Pour la première fois, Deezer déploiera massivement son service via un opérateur mobile aux États-Unis », se félicite la compagnie dans un communiqué.

« Désormais, tous les Américains peuvent s'inscrire sur Deezer »

Le nouveau P-DG de Deezer confie quelques mois plus tard au Journal du Net : « Désormais, tous les Américains peuvent s'inscrire sur Deezer. Nous avons même ouvert un bureau à Miami, d'où nous supervisons les marchés US et latino-américain. Le marché nord-américain est toutefois très compétitif, raison pour laquelle nous ne voulons pas faire les choses seuls. Nous comptons poursuivre notre logique de partenariats en conservant ceux que nous avons avec Cricket, Sonos ou encore Bose, tout en continuant à en chercher de nouveaux. »

En juin 2015, Alexis de Gemini, gérant de la société de production A2G Créations et ancien patron de M6 Music, est nommé à la tête de la filiale française de Deezer en remplacement de Simon Baldeyrou. Courant octobre 2015, la start-up ajourne son projet d'introduction à la Bourse de Paris, au cours de laquelle elle espérait pouvoir céder 30 % de son capital pour 300 millions d'euros, soit une valorisation de l'ordre du milliard d'euros. Des conditions de marché difficiles amènent Deezer à se tourner vers d'autres sources de financement. Au mois de janvier 2016, la compagnie parvient à boucler un nouveau tour de table de 100 millions d'euros auprès de ses actionnaires Access Industries et Orange. La holding américaine de Len Blavatnik prend alors le contrôle de Deezer, dont l'essentiel du capital est désormais américain. Dans un avis publié en juin 2016, l'autorité de la concurrence française donne son aval à l'opération.

Le sacre de la « licorne »

En 2016, Deezer réalise un chiffre d'affaires de l'ordre de 300 millions d'euros (il a plus que doublé en l'espace de deux ans), et enregistre une perte nette de 60 millions d'euros. La compagnie ne communique plus de chiffres sur le nombre de ses abonnés. Plus que jamais, elle tente de se différencier par la localisation poussée de son catalogue sur des marchés émergents à fort potentiel de croissance.

Dans le cadre d'un programme baptisé Deezer Next, des « talent scouts » locaux (une quarantaine dans le monde) identifient de nouveaux talents dans des genres de niche comme le gospel brésilien, le reggaeton porto-ricain ou le hip hop allemand, ce qui amène Deezer à produire des contenus originaux, à la manière de Netflix. « Je crois fermement à la localisation du contenu. Alors que Spotify est principalement axé sur les playlists, nous misons sur la différenciation locale, ce qui nous a permis de devenir le numéro un du gospel au Brésil », confie Hans-Holger Albrecht à Reuters.

Cette politique a été initié dès 2012 par Axel Dauchez en Afrique, où le marché de la musique était quasi inexistant. Il expliquait alors au magazine Musique Info : « Nous allons générer des revenus là où il n'y en avait pas, ce qui ne peut être que positif. Sur la zone africaine, des producteurs viennent se mettre en interface entre nous et les artistes. Il y a une sorte de mouvement centrifuge et centripète qui fait que, comme c'est la première fois qu'il y a une opportunité de business dans la région, cela structure la création. Les artistes ivoiriens, qui veulent saisir cette opportunité, signent avec des producteurs pour pouvoir être diffusés sur Deezer Côte d'Ivoire. Ils sont de facto diffusés mondialement, et trouvent un écho auprès de la diaspora des ivoiriens du monde entier. Il y a donc un nouvelle source de droits qui se crée, grâce à une auto-structuration spontanée de la création ivoirienne. »

En juin 2017, Deezer recrute un responsable des relations avec les labels basé à Singapour pour partir à la conquête de l'Asie, vaste marché où tous les géants du secteur cherchent à se positionner, et sur lequel Deezer est resté jusque là très discret. En Afrique, Deezer lorgne sur le Nigeria et l'Afrique du Sud.

Deezer en 2019 : 14 millions d'utilisateurs, 7 millions d'abonnés et 400 M$ de revenus annuels

Début août 2018, la compagnie annonce avoir bouclé une nouvelle levée de fond de 160 millions d'euros auprès du fonds souverain saoudien Kingdom Holding Company (KHC) et de l'opérateur français Orange, qui porte à plus de 375 millions d'euros la totalité des fonds levés depuis sa création. Cette levée de fonds, qui va lui permettre d'accélérer encore plus son développement à l'international, valorise l'entreprise au-delà du milliard d'euros, et la fait entrer dans le club très fermé des « licornes » du web. L'opération se double d'un accord de distribution exclusif avec Rotana, l'un des principaux labels musicaux du Proche et Moyen Orient, qui est la propriété de KHC et a participé au tour de table. « Cet accord nous offre une opportunité unique de développer de futures positions de leader sur des marchés en pleine expansion », se félicite Hans-Holger Albrecht dans un communiqué. Il projette d'ouvrir un bureau à Dubaï dans les mois qui viennent, et dans d'autres territoires de la région MENA (Moyen Orient et Afrique du Nord) par la suite.

Début 2019, le P-DG de Deezer dévoile quelques informations restées jusque là confidentielles au site anglais Music Ally : « Nous avons environ 14 millions d'utilisateurs actifs mensuels et plus de sept millions d'abonnés, ce qui donne un bon ratio de conversion en abonnés payants. Et nous atteignons 400 millions de dollars de revenus annuels, avec une forte croissance des abonnements directs. Les chiffres sont assez solides. Nous verrons ce que la région MENA nous réserve l'année prochaine ». Son expansion au Moyen Orient et en Afrique du Nord devrait permettre à Deezer de devenir rentable d'ici 2021, déclare Hans-Holger Albrecht au site Arabian Business. Le dernier P-DG en date de Deezer en est convaincu : « Le streaming est un marché encore très jeune, avec une pénétration globale d'à peine 10 %, aussi est-il encore porteur d'un énorme potentiel ». Près de quinze ans après la naissance de Blogmusik, Deezer entend bien en profiter.

Philippe Astor

RealNetworks, inventeur du streaming et propriétaire de Napster

mer, 05/08/2019 - 10:28

Histoire d'une saga industrielle à l'ère d'Internet - Pionnier méconnu du streaming et star de la bulle Internet des années 90, la compagnie RealNetworks, qui a repris le contrôle de Napster, parvient à se redresser au terme d'une longue traversée du désert. Récit de ce qui s'apparente, vingt cinq ans après sa création, à une véritable saga industrielle de l'ère Internet.

Jusqu'à cet été, le journaliste Philippe Astor nous livre une série en huit épisodes sur l'histoire du streaming à travers ses entreprises pionnières. Une analyse riche et détaillée pour mieux comprendre comment ce marché s'est structuré, de ses balbutiements à aujourd'hui.
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Retrouvez les autres épisodes :
Les pionniers du streaming #2 : Deezer
La suite de la série sera publiée en mai, juin et juillet.
À suivre sur le site de l'IRMA.

C'est fin 1999 que se répand comme une traînée de poudre sur Internet le logiciel peer-to-peer Napster, qui permet d'échanger directement de la musique entre particuliers via le réseau des réseaux, dans le format audionumérique MP3. La même année, le fournisseur de solutions logicielles de streaming audio et vidéo RealNetworks, avec ses technologies RealAudio et RealVideo introduites en 1995 et en 1997, est en pleine ascension.

Le numéro un du logiciel d'alors, Microsoft, qui développera quelques années plus tard des codecs concurrents (algorithmes d'encodage audionumérique), sous l'acronyme WMA (pour Windows Media Audio), ne vient pas encore marcher sur ses plates-bandes. Et le développement du haut débit promet de beaux jours au streaming audio et vidéo.

En l'espace de trois ans, RealNetworks a presque multiplié son chiffre d'affaires par dix

En l'espace de trois ans, la start-up RealNetworks, qui a levé 10 millions de dollars auprès de sociétés de capital risque en 1996, et 37 millions lors de son introduction à la Bourse de New York l'année suivante, a presque multiplié son chiffre d'affaires par dix, à hauteur de 131 millions de dollars. Il atteint 241 millions de dollars en 2000 - 85 % des contenus diffusés en streaming sur Internet le sont alors au format RealAudio ou RealVideo -, avant que l'éclatement de la bulle Internet ne vienne redistribuer les cartes, et faire fondre sa capitalisation boursière de 90 %.

La compagnie, dont les revenus reposent pour l'essentiel sur les licences de ses logiciels pour serveurs audio et vidéo et sur les services professionnels fournis autour, encaisse mollement le choc. Son chiffre d'affaires recule de 22 % en 2001 ; mais il ne baisse que de 3,3 % en 2002, et repart durablement à la hausse l'année suivante, battant même un nouveau record en 2004, à plus de 260 millions de dollars. Dès lors la machine s'emballe, et les affaires de RealNetworks deviennent fructueuses. En 2005, la compagnie enregistre un bénéfice record de 312 millions de dollars, après avoir essuyé trois années de pertes.

Les années d'insouciance

Dès 2001, RealNetworks lance un premier service vidéo sur abonnement payant, RealOne, accessible depuis ses logiciels clients - les lecteurs RealPlayer et Real Jukebox (logiciel intégré permettant de gérer sa « musicothèque » personnelle). Aux États-Unis, le forfait donne accès à un catalogue de contenus premium (sports, musique, information, divertissement), fournis par ABC News, CNN, ou encore la NBA.

La même année, la compagnie introduit sa plateforme RealArcade, de téléchargement payant de jeux vidéo pour PC. En août 2003, elle finalise le rachat de Listen.com, une plateforme de streaming audio à la demande, pour un montant estimé à 36 millions de dollars. RealNetworks devient alors opérateur du tout premier service de streaming musical sur abonnement aux États-Unis, Rhapsody, lancé originellement par Listen.com en décembre 2001. Il propose un catalogue de 500 000 titres, et bénéficie d'accords de licence avec les quatre majors de la musique.

« Nous nous attendons à une concurrence croissante de détaillants en ligne comme Amazon.com »

Au cours de la décennie 2000, la compagnie voit les services professionnels associés à son offre logicielle (installation, maintenance, conseil, hébergement) et ses services grand public sur abonnement (dont Rhapsody) devenir sa principale source de revenus. De 34 % en 2001, leur part de son chiffre d'affaires passe à 60 % en 2002, atteignant 75 % en 2005. En 2005, les services de musique (streaming, radio, téléchargement) pèsent 31 % du chiffre d'affaires de RealNetworks, soit deux fois plus que les licences de ses solutions logicielles, à parité avec les services professionnels. Le chiffre d'affaires global de RealNetworks s'est envolé, atteignant 325 millions de dollars, dont près de 100 millions en provenance des seuls services de musique en ligne.

En 2007, MTV Networks, filiale du groupe de médias américain Viacom et RealNetworks, fusionnent leurs services de musique en ligne respectifs, Urge et Rhapsody, au sein d'une joint-venture baptisée Rhapsody America, dont RealNetworks est actionnaire majoritaire avec 51% des parts. L'objectif est de faire face à la montée en puissance de la boutique de musique en ligne iTunes d'Apple, et d'une concurrence accrue. « Microsoft a également commencé à offrir des services de musique haut de gamme en conjonction avec son système d'exploitation Windows Media », relate RealNetworks dans son rapport annuel. « Nous nous attendons en outre à une concurrence croissante de détaillants en ligne comme Amazon.com », poursuit la compagnie, qui évoque aussi la concurrence déloyale des réseaux peer-to-peer.

Echec industriel

En 2008, le chiffre d'affaires de RealNetworks atteint un nouveau sommet, franchissant pour la première fois la barre de 600 millions de dollars. Mais ses revenus en provenance de la musique en ligne ne progressent que de 8 %, contre une hausse de 21 % l'année précédente et malgré le transfert vers Rhapsody des abonnés du service concurrent Yahoo Music Unlimited, qui a fermé ses portes, et le lancement d'un bundle avec l'opérateur mobile américain Verizon Wireless.

C'est le segment des solutions logicielles qui gonfle le bilan 2008 de la compagnie, avec une progression de ses revenus de 185 % essentiellement externe, reposant sur un volet d'acquisitions. La croissance du chiffre d'affaires global de RealNetworks n'est plus cependant que de 7 % sur un an, contre une hausse de 44 % en 2007. Et la compagnie enregistre la plus lourde perte de son histoire après trois années bénéficiaires, de 244 millions de dollars.

A ce stade, RealNetworks - qui cherche d'abord à développer Rhapsody aux États-Unis, avant de le lancer à l'international - ne voit pas encore poindre à l'horizon la nouvelle garde du streaming musical à la demande que vont incarner le français Deezer ou le suédois Spotify, aujourd'hui rejoints par pléthore d'acteurs - dont Apple, Amazon et Google. C'est près du tiers de son chiffre d'affaires (27 % attribuables à la musique en ligne en 2008, pour l'essentiel à Rhapsody) qui en sera possiblement impacté.

Rhapsody ne voit pas venir la nouvelle garde du streaming et la montée en puissance de Youtube

Surtout, le pionnier américain des solutions de streaming audio et vidéo ne voit pas encore venir la montée en puissance de Youtube, que Google a racheté fin 2006 pour 1,65 milliard de dollars. La plateforme d'hébergement et de partage de vidéos UGC (pour User Generated Content), réalisées ou simplement copiées par les internautes, utilise des codecs standards du marché et non pas ceux de RealNetworks, et va s'imposer très vite, de manière dominante, comme le numéro un mondial de la vidéo en ligne.

Avec Youtube, plus aucune entreprise (et encore moins un particulier) n'a besoin d'installer les logiciels serveurs de RealNeworks (et de payer leurs licences, en plus du coût du hardware), pour diffuser du son ou de la vidéo sur Internet. Le business model de RealNetworks, qui est celui d'un éditeur de logiciels propriétaires traditionnel, est dépassé et condamné à très court terme. Une nouvelle ère s'ouvre : celle des plateformes, qui fournissent gratuitement à la multitude les infrastructures, les applications et les services nécessaires à la communication, et tirent parti des données d'utilisation qu'elles récupèrent.

La guerre des DRM

Bien que pionnier en la matière, RealNetworks n'est pas parvenu à imposer ses codecs audio propriétaires comme standards de fait au marché. A la fin des années 2000, très peu de périphériques audio les supportent en natif. Ceux qui supportent les codecs WMA de son concurrent Microsoft et ses technologies de DRM (dispositifs de protection contre la copie) sont par contre légion - sur un marché des baladeurs audio par ailleurs dominé à 75 % par le iPod d'Apple, qui a adopté les codecs du format standard AAC et son propre système de DRM propriétaire, baptisé FairPlay.

Pour RealNetworks, qui se retrouve pris entre deux feux, la situation devient cornélienne. Afin que la musique qu'il commercialise soit lisible sur un grand nombre d'appareils, son service de musique en ligne Rhapsody, qui propose à la fois du streaming et de l'achat de titres à l'unité à ses abonnés, utilise comme Apple les codecs audio du standard AAC, format audionumérique le plus largement supporté par les fabricants - et non pas les codecs RealAudio de la compagnie. Et pour répondre aux exigences des labels et maisons de disques, qui imposent encore des protections contre la copie au milieu des années 2000, Rhapsody a dû implémenter son propre système de DRM, baptisé Helix, qui n'est pas compatible avec les baladeurs iPod, ni avec ceux qui supportent le format Windows Media de Microsoft.

En 2003, la start-up fondée par Rob Glaser, qui occupa lui-même des fonctions de direction chez Microsoft pendant dix ans avant de créer sa propre compagnie, traîne le numéro un du logiciel en justice pour abus de position dominante. Microsoft fournit en effet son lecteur Windows Media intégré en standard à son système d'exploitation Windows, qui équipe alors 90 % des ordinateurs en circulation, ce qui lui offre un avantage concurrentiel indéniable. En 2004, L'Union européenne inflige une amende de 600 millions de dollars à Microsoft, qui se voit contraint de retirer son lecteur Windows Media de Windows en Europe, et finira par verser 761 millions de dollars à RealNetworks pour mettre fin à ses poursuites. Une victoire à la Pyrrhus pour RealNetworks, qui reste piégé par la guerre des DRM.

Apple domine le marché en réussissant ce que RealNetworks n'est jamais parvenu à faire

Apple refusant de licencier sa technologie de DRM Fairplay à RealNetworks, comme à ses autres concurrents, Rhapsody se voit en effet privé de fait de l'accès à une large portion d'un marché du téléchargement alors en plein essor. Les possesseurs de iPod, majoritaires, préfèrent acheter leur musique sur la plateforme iTunes d'Apple, dans le seul format protégé contre la copie qui soit compatible avec leur baladeur. Dès 2004, RealNetworks dénonce un abus de position dominante d'Apple devant la justice. Mais cette fois-ci, la compagnie n'obtiendra pas gain de cause, et perdra définitivement le procès antitrust intenté contre Apple dix ans plus tard, lors d'un jugement rendu en 2014.

Durant ces dix années, Apple domine sans conteste le marché du téléchargement de musique, réussissant ce que RealNetworks n'est jamais parvenu à faire : imposer un environnement propriétaire entièrement fermé et captif, du client au serveur (du logiciel au hardware dans le cas d'Apple), pour distribuer de la musique sur Internet. Ironie du sort : dès 2007, certaines majors acceptent de renoncer aux systèmes de DRM, qui furent le principal obstacle mis sur la route de RealNetworks, et n'auront plus du tout court à compter de 2009.

RealNetworks tente bien de se remettre en selle courant 2008, en ouvrant une boutique MP3 sur Rhapsody, de téléchargement de musique sans DRM, compatible avec le baladeur iPod et les baladeurs WMA. Mais les jeux sont déjà faits. Confiné au marché américain, Rhapsody n'a plus aucune chance de faire de l'ombre à iTunes. Apple va capter l'essentiel du marché mondial du téléchargement de musique en ligne, à peine concurrencé par Amazon et pléthore d'acteurs locaux, et avant que ce canal de vente n'amorce son déclin à partir de 2014 pour conduire la firme de Cupertino à se convertir au streaming avec le lancement de son service sur abonnement Apple Music en 2015. « Ce que nous avons sous-estimé, c'est que le passage au numérique se ferait en deux étapes », confiera plus tard Rob Glaser. « D'abord le téléchargement, ensuite les abonnements ».

Retraite en rase campagne

En 2009, Rhapsody ne voit son chiffre d'affaires progresser que de 2 % : un effet plus que mitigé du bundle lancé en 2008 avec Verizon Wireless, dans un pays où le streaming ne prendra son envol que bien plus tard. Les ventes en téléchargement de sa boutique MP3 reculent de 3 %, à contre courant du marché. Début 2010, RealNetworks et MTV Networks décident d'un commun accord, après avoir envisagé de fermer la plateforme, de laisser les coudées franches à Rhapsody en tant que compagnie indépendante, et de la libérer de leurs accords de joint-venture, qui lui imposaient de faire de lourds investissements publicitaires sur les chaînes de MTV Networks.

RealNetworks, qui a encore enregistré de lourdes pertes en 2009 (217 millions de dollars), ne dispose pas des capitaux qui lui permettraient de continuer à investir dans le développement de Rhapsody, d'essuyer ses pertes, et de prendre part à la bataille qui va s'engager dans le secteur du streaming musical à l'échelle internationale. N'étant plus actionnaire majoritaire de Rhapsody à compter d'avril 2010, la compagnie, même si elle détient toujours 47 % de son capital, n'a plus à consolider les résultats opérationnels de la plateforme dans les siens. Le chiffre d'affaires de RealNetworks dans la musique en ligne voit son périmètre se rétrécir de facto. De 160 millions de dollars en 2009, il chute à 35 millions en 2010.

RealNetworks n'a plus à inscrire à son bilan les pertes nettes de Rhapsody, qui s'élèvent à 30 millions de dollars sur la période d'avril à décembre 2010, pour un chiffre d'affaires de 91 millions de dollars. La compagnie voit le coût des revenus de son segment musique (essentiellement les royalties versés aux ayant droit) passer de 98 millions de dollars en 2009 à 22 millions en 2010. Elle poste même un bénéfice net de 5 millions de dollars sur l'ensemble de son exercice. L'essaimage de Rhapsody lui a permis d'assainir son bilan, dont la musique ne fait plus partie à compter de 2011.

2018 : Alors que Rhapsody poste ses tous premiers bénéfices, RealNetworks enregistre une nouvelle perte de 25 M$

RealNetworks commence alors à opérer un véritable repli. En 2012, la compagnie cède l'essentiel de ses brevets dans les codecs audio et vidéo, qui ont été le cœur de sa R&D et son cœur de métier, au fabricant de processeur Intel, pour 120 millions de dollars. « La vente de ces brevets à Intel débloque une partie de la valeur substantielle et non réalisée des actifs de RealNetworks », déclare alors dans un communiqué son nouveau président et CEO Thomas Nielsen, un ancien d'Adobe Systems, qui a succédé au fondateur Rob Glaser l'année précédente.

RealNetworks va trouver un échappatoire dans le développement de technologies et de services B2B de niche à destination des opérateurs mobiles - comme les systèmes de messagerie inter-opérateurs, les dispositifs anti-spam et les ringback tones ; et dans l'édition de jeux occasionnels pour mobiles (casual games) sur le versant B2C, avec des formules d'abonnement qui lui assurent des revenus pérennes. Même si la compagnie continue à commercialiser son logiciel multimédia RealPlayer et les services qui lui sont liés, ainsi qu'à innover (dans les codecs multimédias haute définition ou la reconnaissance faciale), ces deux nouvelles lignes de business, lancées au début des années 2010, vont assurer jusqu'aux trois quart de ses revenus, et lui permettre de survivre.

En 2018, l'inventeur du streaming, dont le chiffre d'affaires a fondu inexorablement depuis 2008, et qui n'a cessé ou presque de cumuler les pertes d'un exercice à l'autre, n'est cependant plus que l'ombre de lui-même. Ses revenus sont inférieurs à 70 millions de dollars sur l'ensemble de l'année. C'est deux fois moins que pour l'entité Rhapsody International sur la même période. Alors que Rhapsody poste ses tous premiers bénéfices en 2018, RealNetworks enregistre une nouvelle perte de 25 millions de dollars.

L'échappée belle de Rhapsody

Libéré de la tutelle de RealNetworks, qui n'est plus qu'actionnaire minoritaire, Rhapsody entame la décennie 2010 sur les chapeaux de roue. Dès 2011, la compagnie voit son chiffre d'affaires progresser de 40 %, à près de 130 millions de dollars. Il ne cessera de croître jusqu'en 2016, à l'exception d'une légère baisse en 2013. En janvier 2012, la nouvelle entité indépendante, qui n'est encore présente qu'aux États-Unis, où elle revendique 750 000 abonnés, finalise l'acquisition de son concurrent Napster, déjà implanté en Allemagne et au Royaume Uni, ce qui lui ouvre les portes du marché européen.

La marque et les actifs du réseau peer-to-peer Napster, dont l'industrie musicale a obtenu la fermeture en 2001, ont été rachetés en 2002 par l'éditeur de logiciels américain Roxio, pour 5 millions de dollars. Fort d'une autre acquisition effectuée l'année suivante - celle de la plateforme de musique en ligne Pressplay, joint-venture entre Universal Music et Sony Music, pour près de 40 millions de dollars en cash et en actions – Roxio a lancé sous le nom de Napster un service de streaming musical sur abonnement fin 2003, que la chaîne de magasins Best Buy a racheté en 2008 pour 121 millions de dollars, avant de le céder à Rhapsody en 2012 en échange d'une participation minoritaire.

« L'acquisition de Napster et de sa base d'abonnés au Royaume-Uni et en Allemagne nous fournit une porte d'entrée idéale sur le marché européen », déclare alors Jon Irwin, président de Rhapsody. « C'est le moment d'élargir nos frontières, tant sur le plan géographique que technologique, alors que nos services pénètrent de nouveaux espaces, comme l'automobile ou le salon ».

Fin 2013, sous la marque Napster, Rhapsody est présent dans une quinzaine de pays européens

A l'automne 2013, Rhapsody parvient à boucler deux levées de fonds d'un montant indéterminé : auprès du fonds californien Columbus Nova Technology Partners - propriétaire d'Harmonix, éditeur du jeu musical Rock Band, qui devient un de ses principaux actionnaires aux côtés de RealNetworks et auprès de l'opérateur mobile espagnol Telefonica. Telefonica, qui transfère les abonnés de son service sur abonnement Sonora à Rhapsody et en devient actionnaire minoritaire, propose le service de streaming américain en bundle avec ses offres de téléphonie mobile. Il lui ouvre ainsi les portes du marché sud-américain, et lui permet de renforcer sa présence en Europe. Fin 2013, Rhapsody est présent sous la marque Napster dans une quinzaine de pays européens – dont la France, l'Italie, l'Espagne et les Pays-Bas.

En 2014, la plateforme de streaming, qui a dû licencier 15 % de son personnel, double le nombre de ses abonnés, qui sont 1,5 million dans le monde à la fin de l'année. Elle multiplie les partenariats de distribution, avec des opérateurs mobiles (dont SFR en France) et des fabricants de hardware, et procède à deux acquisitions : celle de Schematic Labs, une start-up californienne qui développe des applis iOS et Android ; et celle d'Extension Entertainment, start-up new-yorkaise qui a lancé un réseau social de découverte musicale. Le chiffre d'affaires de Napster n'a jamais été aussi élevé (à plus de 170 millions de dollars), mais la plateforme enregistre une perte nette de plus de 21 millions sur l'ensemble de son exercice.

Une niche de 4 milliards de dollars

En juillet 2015, Rhapsody revendique 3 millions d'abonnés dans le monde. Son chiffre d'affaires annuel va franchir la barre des 200 millions de dollars, mais ses pertes vont encore se creuser, à plus de 35 millions. Pour faire face aux échéances de sa dette, la plateforme de streaming obtient un prêt de 10 millions auprès de ses deux principaux actionnaires, RealNetworks et Columbus.

2016 est l'année où Rhapsody réalise sa plus belle performance en terme de chiffre d'affaires : il atteint presque 210 millions de dollars, et les pertes de la compagnie s'amenuisent, à moins de 15 millions. Au troisième trimestre, la plateforme de streaming réalise même un bénéfice net de 1,6 million de dollars. C'est le moment que choisit Rhapsody pour opérer globalement sous le nom de Napster, y compris aux États-Unis, où un accord de bundle est conclu avec l'opérateur mobile Sprint en novembre. Napster a également signé un partenariat avec le fabricant de casques audio Even quelques mois plus tôt, et renouvelé celui conclu avec la chaîne de magasin Aldi en Allemagne, dont il opère le service de streaming musical.

Le nouvel environnement concurrentiel de Napster, cependant, a de quoi donner le vertige. Pendant l'été 2015, Apple a lancé son propre service de streaming musical sur abonnement, qui avait recruté 6,5 millions d'abonnés dans le monde à la fin de l'année. Le numéro un du marché Spotify en comptait 28 millions à la même échéance, contre seulement 3,5 millions pour Rhapsody. Face à un ogre comme Spotify, qui a pu se permettre d'encaisser une perte de près de 600 millions de dollars en 2016, pour un chiffre d'affaires de 3,3 milliards de dollars, le petit poucet Napster ne se sent plus de taille.

Devenu PDG intérimaire de Napster courant 2017, avant d'être définitivement confirmé à ce poste début 2018, Bill Patrizio – un ancien de Technicolor, Walt Disney et Universal Studio, qui occupait un poste de direction chez RealNetworks – change de stratégie et réoriente les objectifs de la compagnie, ce qui le contraint au licenciement des personnels affectés. Patrizio se détourne de la concurrence frontale avec les grands leaders du secteur du streaming, et commence à positionner Napster sur le marché B2B des plateformes en marque blanche. « Nous nous concentrons sur les partenariats avec des entreprises de tous secteurs d'activité », explique t-il à l'occasion du lancement par iHeartRadio (ex-Clear Channel) de son propre service de radio interactive aux États-Unis, dont Napster fournit toute l'infrastructure en back-office, avec un catalogue de 40 millions de titres dont les droits ont été négociés en amont.

En décembre 2018, Rhapsody annonce un accord similaire avec Sony Music au Japon, en vue du lancement d'un service de streaming musical haute définition, sous le label « Powered by Napster ». Quelques mois auparavant, la compagnie SoundMachine, qui sonorise des points de vente et autres bars et restaurants aux États-Unis, au Canada et en Espagne, a elle aussi adopté la plateforme « Powered by Napster » de Rhapsody, pour lancer un nouveau service professionnel de sonorisation musicale sur abonnement. Le festival SXSW à Austin (Texas), en mars 2019, est l'occasion pour Napster d'annoncer un autre partenariat avec Univision, premier groupe de radio hispanique aux États-Unis, pour la refonte de son application mobile Uforia, qui donnera accès gratuitement au simulcasting de ses 58 stations de radio et à des centaines de playlists de Napster.

Ce revirement stratégique est bénéfique à Napster. Depuis fin 2017, la plateforme enchaîne les trimestres bénéficiaires. Sur l'ensemble de l'année 2018, elle réalise même un bénéfice net de 10 millions de dollars, contre une perte de 13 millions l'année précédente, ce malgré une baisse de son chiffre d'affaires de 16,5 % sur un an. C'est à ses activités B2B que Napster doit sa rentabilité nouvelle. « En raison de la croissance du marché du streaming et de sa diversification, beaucoup d'entreprises trouvent le secteur de la musique attractif, et doivent choisir entre faire les choses elles-mêmes ou s'appuyer sur un partenaire comme nous », explique Bill Patrizio lors d'une intervention au Midem à Cannes (Alpes-Maritimes), en juin 2018.

Le nouveau PDG de Napster estime que le marché mondial du streaming pourrait atteindre 20 à 25 milliards de dollars à terme, ce qui laisse selon lui de la place pour de nombreux acteurs, en particulier sur le segment B2B, qui pourrait peser un cinquième du marché. « 20 % d'un marché de 20 milliards de dollars, c'est un marché de 4 milliards, et c'est ce sur quoi nous allons nous concentrer » déclare t-il. Napster, désormais présent dans 34 pays, n'abandonne pas pour autant le marché B2C. Mais la plateforme ne dépend plus seulement de lui. Grâce au développement de ses activités B2B de PaaS (Platform as a Service), sa marge brute est passée de 18 % en 2016 à 26 % en 2018, et son résultat opérationnel est redevenu positif.

Le come-back de RealNetworks

Les deux tentatives pour remplacer Rob Glaser à la tête de RealNetworks, par Bob Kimball en 2010 suite à son départ, et par Thomas Nielsen en 2011, n'ont pas vraiment porté leurs fruits. A la demande de son conseil d'administration, le fondateur de la compagnie, qui avait entamé une seconde vie dans le secteur des nouvelles technologies en tant que business angel, en reprend les rennes dès 2012. « Le fait le plus surprenant à propos de RealNetworks, pionnier de la vidéo et de la musique en streaming, plus de 22 ans après sa création, est que la société basée à Seattle existe toujours », écrit alors le site américain Venture Beat.

Dès la mi-2015, RealNetworks, qui a conservé le droit d'utiliser les brevets vendus à Intel dans ses produits, introduit l'application RealTimes, qui s'appuie sur l'intelligence artificielle pour automatiser la réalisation de « stories » sur un smartphone à partir de ses photos et vidéos, et leur ajouter une bande son musicale, avant de les partager sur les réseaux sociaux ou avec des proches. Plutôt que de passer par les fourches caudines des app stores, RealNetworks licencie directement sa technologie à des opérateurs mobiles, qui proposent le service à leurs abonnés pour moins de 2 dollars par mois. Un premier accord est conclu avec l'américain Verizon en novembre 2015, suivi d'un autre avec l'opérateur japonais KDDI quelques semaines plus tard, et avec l'anglais Vodaphone début 2016.

Janvier 2019 : RealNetworks décide de doubler sa participation dans Napster

En 2017, RealNetworks lance un codec vidéo de nouvelle génération, RealMedia HD, qui optimise considérablement la compression des vidéos haute définition 4K et 8K, et va connaître son premier déploiement commercial en Chine, auprès des 300 millions d'utilisateurs des services de télévision par Internet de l'opérateur CIBN OTT TV et de son application mobile ChinaTV. La compagnie introduit également sa technologie Kontxt, de gestion et de filtrage des flux de messages courts (SMS, MMS) auprès des opérateurs mobiles. Mais malgré un quatrième trimestre légèrement bénéficiaire, elle poste encore une perte de 16 millions de dollars sur l'ensemble de l'année, pour un chiffre d'affaires désormais inférieur à 80 millions de dollars, .

Avec RealTimes et Kontxt, RealNetworks fait ses premiers pas dans l'intelligence artificielle et le deep learning (apprentissage machine). Une orientation qui se confirme en 2018, avec le lancement d'une plateforme de reconnaissance faciale, SAFR, elle-même basée sur l'intelligence artificielle, qui peut identifier des millions de visages en temps réel. Une filiale locale introduit SAFR en Inde au mois d'août. Au mois d'octobre, un accord de distribution avec la compagnie brésilienne Seventh, spécialisée dans la vidéosurveillance, lui ouvre les portes du marché latino-américain. Dès la fin de l'année, Net One Partner, spécialiste nippon de la sécurité, se charge de l'introduire auprès d'industriels japonais susceptibles de l'intégrer à leurs dispositifs.

Alors que son chiffre d'affaires a été divisé par dix en dix ans, et qu'il réalise encore une perte de 25 millions de dollars en 2018, le pionnier du streaming RealNetworks semble avoir enfin touché le fond, et être fin prêt à rebondir. 37 % de ses revenus proviennent encore des abonnements à ses services délivrés sur mobile, et 30 % proviennent des ventes à l'unité ou des abonnements à ses casual games. Mais les lancements de RealTimes, de Kontxt, de Realmedia HD et de SAFR promettent de booster ses revenus en provenance des licences B2B, qui n'ont pesé que 14 % de son chiffre d'affaires en 2018. Et le périmètre de ses résultats financiers va s'étendre dès 2019, grâce la reprise de contrôle de Napster.

La plateforme de streaming musical est en train de réussir son repositionnement. Toujours présente sur un marché B2C qui promet de passer de 185 millions d'abonnés aujourd'hui à plus de 850 millions en 2030, selon une prévision de Goldman Sachs, elle est parvenue à assurer ses arrières en se positionnant sur le marché B2B des services de streaming en marque blanche, dont la banque d'affaires estime que le volume d'affaires dépassera le milliard de dollars d'ici trois à cinq ans. Au mois de janvier 2019, RealNetworks décide de doubler sa participation dans Napster en rachetant les parts de Columbus. Désormais actionnaire à hauteur de 84 %, il en redevient propriétaire.

Dès le premier trimestre 2019, la compagnie va de nouveau consolider les résultats financiers de la plateforme de streaming dans les siens, ce qui devrait multiplier par trois son chiffre d'affaires annuel, au delà de 210 millions de dollars. Les bénéfices réalisés par Napster en 2018 n'auraient pas compensé la totalité des pertes nettes de RealNetworks, mais ses pertes opérationnelles n'auraient plus été que de 4 millions de dollars, au lieu de 24. Vingt cinq ans après sa création, et au terme d'une traversée du désert qui aura duré plus de dix ans, RealNetworks, qui fut l'une des toutes premières start-up d'Internet et posa la première pierre de l'industrie du streaming, semble enfin sur le chemin de parvenir à établir une rentabilité durable de ses opérations. Sa capitalisation boursière, de l'ordre de 100 millions de dollars en 2019 – quand elle fut de près de 3 milliards au plus fort de la bulle Internet – ne reflète pas encore cette évolution. Elle pourrait avoir plus que doublé en 2020, estiment les analystes, et atteindre près de 250 millions de dollars. Ce sera toujours cent fois moins que celle de Spotify aujourd'hui.

Philippe Astor

Concours, tremplins, appels à candidatures…

mar, 05/07/2019 - 16:03

Musiciens et artistes, préparez les prochains concours, tremplins et appels à projets pour développer votre carrière.

L'IRMA recense en continu les appels à projets/candidatures à destination des interprètes, auteurs et compositeurs, qu'il s'agisse de tremplins/concours/dispositifs de repérage pour des artistes sans accompagnement professionnel, ou de showcases/résidences/bourses pour des artistes en développement.
Le périmètre des appels à projets/candidatures recensés est celui des musiques actuelles : chanson, rock, hip hop, musiques électroniques, jazz, musiques traditionnelles et du monde, metal, reggae, funk, etc.



Essonne en Scène
Ouvert aux artistes ou groupes de rock, chanson, pop, électro et hip hop de l'Essonne.
Date limite de dépôt : 9 mai




Tremplin festival Val de Rock
Ouvert aux artistes ou groupes de pop/rock, musiques urbaines ou du monde, jazz, variété́s, électro de France, Belgique ou Suisse.
Date limite de dépôt : 9 mai




Télescope - Jazz à Tours
Ouvert aux artistes ou groupes professionnels de musiques actuelles amplifiées de la région Centre-Val de Loire.
Date limite de dépôt : 10 mai




Variation(s) - FGO-Barbara
Ouvert aux artistes ou groupes en voie de professionnalisation dont au moins la moitié des membres réside à Paris.
Date limite de dépôt : 13 mai




Des Rives et des Notes - Oloron
Ouvert aux formations instrumentales de jazz ou de blues du duo au quintet.
Date limite de dépôt : 15 mai




M pour Montréal
Ouvert aux artistes ou groupes émergents de musiques actuelles.
Date limite de dépôt : 15 mai




Visa For Music - Rabat (Maroc)
Ouvert artistes/groupes/DJs/VJs professionnels en musiques du monde et musiques électroniques.
Date limite de dépôt : 15 mai




Concours Jeunes talents, Festival Jacques Brel - Vesoul
Ouvert aux artistes ou groupes de chanson francophone bénéficiant du soutien d'au moins une structure professionnelle.
Date limite de dépôt : 20 mai




Concours national de jazz de La Défense
Ouvert aux artistes ou groupes émergents de jazz de tous âges et de toutes nationalités, résidant en France.
Date limite de dépôt : 27 mai




Showcase MaMa Festival
Les propositions d'artistes doivent émaner de producteur.rice de spectacles, d'une agence, d'un label, d'une société d'édition ou d'une.e manageur.se
Date limite de dépôt : 31 mai




Reggaestar Factor Europe
Ouvert groupes ou artistes de reggae français, allemands, italiens ou hollandais.
Date limite de dépôt : mai




Le Déclencheur - Sceaux
Ouvert groupes ou artistes de musiques actuelles ayant une expérience scénique solide.
Date limite de dépôt : 1er juin




Kreiz Breizh Akademi - Drom
Ouvert aux musiciens de tous instruments et chanteurs de musique à danser.
Date limite de dépôt : 18 juin




Masa 2020 - Abidjan (Côte d'Ivoire)
Ouvert groupes ou artistes africains de conte, danse, théâtre, humour, musique, slam.
Date limite de dépôt : 30 juin




Phonurgia Nova Awards
Ouvert aux auteurs de créations radiophoniques ou de podcasts, concepteurs de parcours sonores, réalisateurs de Hörspiel, initiateurs de formes numériques qui mettent en jeu la narrativité du sonore.
Date limite de dépôt : 15 juillet




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Les abattements pour frais professionnels dont bénéficient les artistes du spectacle

lun, 05/06/2019 - 12:26

Le SNAM-CGT publie une fiche pratique sur les abattements pour frais professionnels dont bénéficient les artistes du spectacle. Comment les artistes interprètes, instrumentistes et choristes peuvent opter, dans leur déclaration de revenus, pour la déclaration de leurs frais professionnels au montant réel ?

L'administration fiscale autorise les artistes du spectacle qui choisissent de déclarer leurs frais professionnels pour leur montant réel et justifié à bénéficier de 2 forfaits spécifiques aux professions artistiques, l'un de 14%, l'autre de 5%.

Cette fiche réalisée par le syndicat explique qui peut invoquer l'application des déductions forfaitaires de 14% et 5%, à quels frais cela correspond et quels sont les autres frais professionnels déclarés pour leur montant réel (frais de transport, d'hébergement, etc.).

Wah !, plateforme ressources pour l'égalité femmes-hommes dans les musiques

lun, 05/06/2019 - 09:55

Après avoir lancé son programme de mentorat pour les femmes de la musique, Wah ! inaugurera cet été une plateforme visant à établir un état des lieux des ressources pour l'égalité femmes-hommes dans le secteur musical. Un appel à contribution est d'ores et déjà en cours.

De quoi parle-t-on lorsqu'on questionne l'égalité femmes-hommes dans les musiques ? Quelles en sont les principales problématiques ? Existe-t-il des statistiques et données chiffrées ? Comment se lancer dans une démarche en faveur d'une plus grande égalité au sein de son projet ? Où trouver des initiatives, des méthodes et des contacts qui peuvent être inspirants ?

Afin d'y répondre, la Fédélima décline le projet Wah ! - initialement porteur d'un programme de mentorat - en annonçant la mise en ligne, pour l'été 2019, d'une plateforme ressources dont l'objectif sera de faciliter l'appropriation des enjeux et le transfert d'expériences en termes d'égalité femmes-hommes dans les musiques.

L'enjeu est ainsi de proposer différentes formes de ressources (ouvrages, rapports, écrits professionnels, statistiques, blogs, podcasts, vidéos…) relatives à ces enjeux, mais aussi de valoriser des initiatives et des bonnes idées qui peuvent faciliter la mise en place d'actions. Une rubrique de la plateforme abordera la lutte contre les discriminations, et une autre recensera un annuaire des personnes impliquées sur ces enjeux.

Pour contribuer à cette initiative et alimenter la plateforme Wah !, un questionnaire permettant de retourner tout document (bilan de projet, documentation, communication…) est en ligne.

Ce projet est porté par la Fédélima en coopération avec le RIF, la Fraca-Ma, le SMA, le CNV, et les associations ressources Opale, Pluségales et La Petite.

www.wah-egalite.org

Semaine du 29 avril au 5 mai

lun, 04/29/2019 - 12:10

Chaque semaine, retrouvez les principaux rendez-vous professionnels (salon, rencontre, AG...), les dates limites des aides à la filière (subvention, crédit, bourse) et des appels à candidatures pour les artistes (tremplin, concours).

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ET ACTUALISÉ EN CONTINU



29 AVRIL

EXAMEN LÉGISLATIF
Examen de la proposition de loi relative à la création du Centre national de la musique
Assemblée Nationale / Paris


29 AVRIL

DISPOSITIF D'ACCOMPAGNEMENT (date limite de candidature)
Start & Go
Normandie


29 AVRIL

COLLOQUE
Pratiques orchestrales en milieu scolaire
Strasbourg


29 AVRIL

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien à la création de musique originale pour l'audiovisuel (film, série, docu...)
Sacem


29 AVRIL

DÉBAT
Comment écoutera-t-on de la musique en 2050 ?
Péniche La Pop / Paris


30 AVRIL

APPEL À PROJETS (date limite de candidature)
Alliances françaises en Chine
Chine


30 AVRIL

RÉSIDENCE (date limite de candidature)
Be mobile, create together
France - Allemagne - Turquie


30 AVRIL

APPEL À PROJETS (date limite de candidature)
Résidence d'écriture VR
VR Arles Festival


30 AVRIL

SHOWCASE INTERNATIONAL (date limite de candidature)
ACCES - Music In Africa
Accra (Ghana)


30 AVRIL

ÉVÉNEMENT
Journée internationale du jazz



30 AVRIL

SHOWCASE INTERNATIONAL (date limite de candidature)
Medimex 2019
Taranto (Italie)


30 AVRIL

TREMPLIN (date limite de candidature)
Jazz au Phare
Île de Ré


30 AVRIL

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien à la création musicale en milieu pénitentiaire
Sacem


1er MAI

RÉSIDENCE INTERNATIONALE (date limite de candidature)
Gonzervatory
Chilly Gonzales / Cologne (Allemagne)


2 MAI

AIDE (date limite de dépôt)
Crédit d'impôt phonographique
Ministère de la Culture


2 MAI

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien au Showcase
FCM


2 - 3 MAI

CONVENTION
C/o Pop
Cologne (Allemagne)


2 MAI

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien à la création
SCPP


3 MAI

RENCONTRE
Journées pro du PRMA
La Réunion


3 MAI

RENCONTRE (date limite d'inscription)
45 Tour
Clermont-Ferrand


3 - 5 MAI

SALON
Musicora 2019
Paris


4 MAI

CONVENTION
TRAX Convention 2019
La Gaîté Lyrique / Paris


5 MAI

APPEL À PROJETS (date limite de candidature)
FACE Fondation : Jazz & new music
France / États-Unis


5 MAI

PRIX (date limite de candidature)
Prix des Musiques d'ICI – Diaspora Music Awards



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ET ACTUALISÉ EN CONTINU

Veille d'actualités - Semaine 17

ven, 04/26/2019 - 11:30

Cette semaine : les publics des salles de musiques actuelles, soutien aux raves et free parties, la communauté des beatmakers, Deezer partage ses data, sexisme dans la musique, l'alliance européenne des auteurs et compositeurs (ECSA) porte plainte contre la Grèce, etc.


Chaque semaine, l'IRMA vous propose une sélection d'informations sur le secteur musical.
Cette sélection est issue de la veille d'actualités relayée sur nos réseaux sociaux :

Les publics des salles de musiques actuelles
Irma • Accès libre

Présentée au Printemps de Bourges le 18 avril, l'étude sur le public des musiques actuelles en France réalisée par SoCo pour Agi-Son repose sur les réponses de 1.393 spectateurs et spectatrices des salles de musiques actuelles en France.


Une bulle d'R pour les raves, free parties et festivals électro
Irma • Accès libre

Freeform, association de soutien aux rassemblements festifs, lance l'appel à initiatives Bulle d'R qui vise à accompagner les jeunes organisateurs amateurs de soirées électro déclarées en France.



Les beatmakers ont-ils toujours besoin des rappeurs ?
Yard • Accès libre

Depuis le succès des type beats, la communauté des beatmakers se fédère de plus en plus. Et le champ des possibles s'élargit : Internet permet de vendre plus simplement ses beats et ses boucles, et de les adresser directement aux professionnels comme aux interprètes.


Backstage, quand Deezer partage les data
Next Libération • Accès limité

Au Printemps de Bourges, Deezer a organisé un workshop à destination des producteurs, labels, tourneurs et artistes pour leur présenter Backstage, nouvel outil statistique qui permet aux pros d'accéder aux données de ses utilisateurs.


Pourquoi le manifeste des femmes de la musique n'est pas un #MeToo
France Culture • Accès libre

Plus de 1200 femmes de la musique ont dorénavant signé le manifeste F.E.M.M. Si le texte porte la trace du #MeToo américain, il montre aussi comment une lutte peut s'affiner et se réfléchir plus que se décliner.
Également : Sexisme dans la musique : "C'est presque une rééducation qui doit se passer avec les hommes"

Gestion des droits d'auteur : la tragédie grecque prend une dimension européenne
Electron Libre • Accès libre

La Grèce a décidé de faire reprendre la gestion collective des droits des musiciens par l'office grec du droit d'auteur (HCO). En réaction, l'alliance européenne des auteurs et compositeurs (ECSA) annonce avoir déposé une plainte auprès de la Commission européenne contre l'Etat grec.

EN BREF

ARTIST(IQU)E

POLITIQUE

BUSINESS

USAGE

MEDIA

INNOVATION

MÉTIER

TERRITOIRE

(RE)PLAY


Une ville peut-elle sculpter son identité sonore ?

Avec les architectes Anne Démians et Brigitte Métra, l'acousticien Jean-Paul Lamoureux et Frédéric Hocquard (Mairie de paris)
Podcast • Pop Conf' / Arte Radio



Laurent Garnier et Jeff Mills en discussion

Vidéo • Philharmonie de Paris




Master Class : la programmation musicale électro en radio

Avec Laurent Bassols (Rinse), David Blot (Nova), Arnaud Godefroy (Radio FG)
Vidéo • InaSound



Santé mentale dans le rap : ISHA témoigne

Vidéo • Yard




French Touch : l'exportation de la musique française dans le monde

Avec Marc Thonon (Bureau Export) et Olivier Pellerin (Wewantmusic)
Podcast • France Culture


"Keupon" made in France

Avec Luc Robène (historien), Solveig Serre (musicologue), Jacques Soulier (organisateur), Géant-Vert (parolier et critique), Marsu (manager) et François Guillemot (Bérurier noir)
Podcast • France Culture

PENDANT CE TEMPS-LÀ…

Le rock turc, dans la dèche d'Ankara à Istanbul
Noisey • Accès libre

En butte aux clichés qu'on lui colle à la peau et à une politique culturelle rachitique, le rock turc peine à s'exporter et à pérenniser.



Le Japon, une industrie musicale à contradictions
CKJ • Accès libre

L'industrie musicale japonaise ne cesse d'étonner par ses stratégies et son fonctionnement. Mais, de toute évidence, elle ne parvient pas à suivre le mouvement du marché international et peine à devenir concurrentielle sur la scène internationale.


Pourquoi l'industrie de la musique brésilienne est à nouveau florissante
Billboard • Accès libre (anglais)

Le Brésil a réintégré les principaux marchés de la musique. Son chiffre d'affaires a progressé de 15%, avec des ventes numériques en hausse de 38%, un exploit remarquable alors que les plateformes de streaming ne sont apparues au Brésil qu'en 2013.

La revue de web de la semaine passée Voir la rubrique
ACTUALITÉS PROFESSIONNELLES

Les publics des salles de musiques actuelles

jeu, 04/25/2019 - 18:48

Présentée au Printemps de Bourges le 18 avril, l'étude sur le public des musiques actuelles en France réalisée par SoCo pour Agi-Son repose sur les réponses de 1.393 spectateurs et spectatrices des salles de musiques actuelles en France.

Basée sur l'évaluation de la campagne de prévention « HEIN ?! », qui se déploie chaque année à partir de novembre grâce aux relais régionaux Agi-Son, cette enquête nationale vise à approfondir la connaissance des profils et pratiques des publics des salles de musiques actuelles en France et sonde leurs expériences et perceptions des risques auditifs.

Son objet porte sur les spectateurs qui fréquentent les salles de musiques actuelles en France. Au total 1.393 personnes ont répondu à l'enquête entre novembre 2018 et février 2019.

Principaux enseignements :
  • La moyenne d'âge des répondants s'établit à 37 ans. Cet âge moyen est plus élevé que celui du public des festivals de musiques actuelles (30 ans) et moins élevé que celui du public de musique classique (54 ans).
  • Près de la moitié du public de salles de concerts (46,5%) a des enfants, et un tiers des adultes interrogés se rendent en concert ou festival avec des enfants (qu'ils soient parents ou accompagnateurs en tant qu'oncle/tante, cousin·e, etc.). Près de 68% des enfants accompagnés en concert ont moins de 16 ans.
  • Un peu plus d'1 spectateur de concerts sur 2 (57,8%) vit dans de petites et moyennes communes de moins de 50 000 habitants, quand c'est le cas de 3 français sur 4 (76,3%). Et inversement, quand seuls 23,7% des français vivent dans des communes de plus de 50 000 habitants, c'est le cas de 42,1% des spectateurs de concerts. Ceci atteste d'un public de concerts majoritairement citadin.
  • Le public des concerts compte plus d'actifs employés ou cadres et d'étudiants qu'ils ne sont représentés dans la population française. À l'inverse, il compte moins d'ouvriers et de retraités.
  • De manière générale, le public a des goûts musicaux variés, avec un penchant marqué pour le Rock. En revanche, s'il a moins de 30 ans, le Hip-Hop et l'Electro sont les styles musicaux les plus plébiscités. Parmi les styles préférés du public, le choix du metal comme du hip hop ont des dimensions identitaires plus fortes.
  • Les plus de 45 ans sont significativement plus nombreux que les autres à préférer la chanson/pop, le rock, les musiques du monde et le jazz. Les moins de 35 ans sont proportionnellement plus nombreux à préférer le hip hop et l'électro, idem pour les moins de 25 ans avec la techno.
  • Les lieux dans lesquels le public se rend le plus souvent est celui des salles de moyenne jauge (93%), suivi des cafés-concerts fréquentés par 86,6% du public de concerts. Près de 42% du public a également fréquenté une salle de grande capacité (type Zénith) au cours des 12 derniers mois, et 25,8% une ou plusieurs boîtes de nuit.
  • La fréquentation des festivals est préférée par l'ensemble des mois de 35 ans, celle des clubs par les moins de 25 ans et les cafés-concerts par la tranche d'âge des 26-35 ans. Il n'y a en revanche pas d'âge significatif pour la fréquentation des salles de moyenne jauge.
  • 81,4% du public de concerts a déjà eu un acouphène (sifflement ou bourdonnement dans les oreilles) suite à une exposition sonore, dont 17,1% en a régulièrement. 6 spectateurs sur 10 ont déjà eu l'impression de moins bien entendre (62,1%) suite à une exposition au son, parmi eux 10,5% déclarent que cela leur arrive souvent.
  • Les femmes sont aussi nombreuses que les hommes à avoir eu des acouphènes : 64% contre 64,7%, bien que les hommes soient un peu plus nombreux que les femmes à en avoir régulièrement : 15,5% pour les femmes, contre 18,8% pour les hommes.
Méthodologie : La base de données sur laquelle est fondée l'analyse respecte le principe de diversification des données, par la multiplicité des salles, styles musicaux et territoires étudiés. La représentativité des résultats est assurée grâce à la pondération des variables socio-démographiques, en l'occurrence les variables d'origine géographique (pondération par régions) et de sexe. Suite aux redressements, l'échantillon à partir duquel nous travaillons présente une structure, une taille et une précision permettant d'en dégager des analyses.

Lire l'étude

Une bulle d'R pour les raves, free parties et festivals électro

mer, 04/24/2019 - 09:45

Freeform, association de soutien aux rassemblements festifs, lance l'appel à initiatives Bulle d'R qui vise à accompagner les jeunes organisateurs amateurs de soirées électro déclarées en France.

Ce dispositif est adapté à des projets de raves, free parties ou festivals électro portés par des organisations d'amateurs composées de jeunes de moins de 25 ans. La manifestation proposée doit correspondre à un rassemblement déclaré de 500 à 3000 personnes.

L'objectif de Bulle d'R est de promouvoir l'engagement culturel de la jeunesse, de porter des valeurs d'éco-responsabilité, de réduction des risques, de parité et de partage des connaissances dans le respect du cadre légal.

Les projets retenus seront soutenus financièrement à hauteur de 3500€, principalement pour la prise en charge des coûts relatifs à la sécurité du public. Les organisateurs bénéficieront aussi de formations et d'un accompagnement adapté à leurs besoins avant, pendant et après la fête.

Si l'appel à initiatives est national, une attention particulière sera portée au début sur les régions Centre-Val de Loire et Occitanie. Un seul projet par département peut être soutenu annuellement.

Infos & candidatures

Collectivités et lieux musicaux s'engagent sur des objectifs communs

mar, 04/23/2019 - 16:54

Au Printemps de Bourges, la FNCC pour les collectivités locales, le SMA et la Fédélima pour les lieux musicaux, ont signés une charte pour s'entendre sur des principes de maintien de la diversité, d'équité territoriale et de
coopération comme alternative à la mise en concurrence.

Signature de la charte au Printemps de Bourges 2019

FNCC – fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture
SMA – syndicat des musiques actuelles
Fédélima – fédération des lieux de musiques actuelles

Les collectivités territoriales "sont le premier soutien financier des lieux, structures et festivals de musiques actuelles" a-t-il rappelé en préambule à cet accord signé par Jean-Philippe Lefevre, président de la FNCC, Yves Bommenel, président du SMA, et Ludovic Renaux, président de la FEDELIMA, le jeudi 18 avril.

Les collectivités ont en effet largement contribué à l'émergence des musiques actuelles à l'échelle locale et nationale, tant au niveau de l'accès aux pratiques qu'en matière d'accompagnement et de diffusion.
Cela a le plus souvent été mené en coopération avec une grande diversité d'acteurs culturels, avec des objectifs de promotion de la diversité culturelle, mais également parfois avec une concurrence entre les collectivités sur le sujet.

Des discussions initiées entre les trois organisations a découlé la rédaction d'une charte à travers laquelle elles s'engagent mutuellement sur plusieurs objectifs communs :
  • Renforcer la diversité des esthétiques, des pratiques et des initiatives qui permettent leur émergence et leur développement.
  • Promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes dans tous les métiers des musiques actuelles et mener une action résolue contre le harcèlement moral et sexuel.
  • Œuvrer pour une plus grande équité territoriale et un ancrage local des projets et des acteurs, au plus près des attentes, des besoins et des cultures des populations.
  • Favoriser la coopération et la solidarité comme alternative à la mise en concurrence accrue des acteurs professionnels.
  • Initier et consolider des espaces de concertation à l'échelle des territoires, et plus généralement faciliter le dialogue et l'échange entre les élus territoriaux et les acteurs professionnels.
  • Accompagner l'adaptation aux changements législatifs et aux nouvelles normes (sécurité, volumes sonores, emploi, formation…) selon les réalités des acteurs et des territoires.
  • Œuvrer pour un Centre National de la Musique soucieux de l'équilibre de l'écosystème musical, de l'intérêt général et de la diversité des territoires.

Avec cette signature, la FNCC, le SMA et la Fédélima s'engagent à promouvoir cette charte et à favoriser sa prise en compte par leurs partenaires dans les territoires.

La charte

Entreprendre dans la culture - Journée Musique

mar, 04/23/2019 - 16:00

Le ministère de la Culture organise le Forum Entreprendre dans la Culture à Paris du 22 au 24 mai. Une journée dédiée à la musique aura lieu le 22 mai avec des ateliers et des tables rondes au programme.

Sur 3 jours, le Forum Entreprendre dans la Culture se tiendra à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts et proposera près de 70 temps d'échanges.

Parmi ce programme, la journée musique (22 mai) sera composée de plusieurs rendez-vous proposés par la DGMIC (ministère de la Culture) et les organismes de la filière. Des temps forts sur d'autres thématiques (développement international, startup, ESS, stratégie d'entreprise, etc.) auront lieu durant le Forum et concernent également les porteurs de projets musicaux.

RENCONTRES MUSIQUE

Table ronde - "Écosystème de l'innovation dans la musique : réseaux locaux et enjeux globaux"

9h30-11h – Galerie droite
Après des années de mutations profondes, la musique est aujourd'hui un véritable laboratoire des nouveaux usages. Comment s'articulent les démarches d'innovation au cœur de la filière et la coopération entre les différents acteurs dans une logique d'écosystème ? Quelle place pour la Musique dans la Startup Nation et à quelles échelles se jouent les synergies et les enjeux ?

Intervenants :
Xavier Costaz, directeur de projets et de l'innovation, Sacem
Nathalie Birocheau, directrice générale, IRCAM / Filiale innovation - commercialisation
Louis Viallet, co-fondateur, Soundsgood
confirmation à venir
Modérateur : Yvan Boudillet, The Lynk

Table ronde - "La diversité musicale à l'heure du numérique"

11h15-12h45 – Galerie droite
Alors que le streaming offre de nouvelles perspectives à la filière de la musique enregistrée, après de deux décennies de crise, qu'en est-il de la diversité musicale, dans un paysage où radios, plateformes de streaming et concerts suivent autant qu'ils modèlent les comportements des auditeurs, internautes et spectateurs ?

Intervenants :
Sarah Schmitt, directrice, Festival Rock en Seine
Didier Varrod, journaliste, France Inter
Ludovic Pouilly, responsable des relations institutionnelles, Deezer
Béatrice Bonnefoi, Suther Kane Film (sous réserve)
Modérateur : Olivier Pellerin, journaliste


Table ronde - "La relève : entretiens avec de jeunes entrepreneurs de la musique"

14h-16h – Amphithéâtre d'Honneur
La Nouvelle Onde, programme de soutien aux jeunes talents de la filière de la musique, et la plateforme de networking Irmawork s'associent dans le cadre du Forum autour d'un temps de rencontres avec six entrepreneurs qui ont créé leur entreprise avant l'age de 30 ans. Cette rencontre fera intervenir trois femmes et trois hommes aux parcours distincts (certains viennent du hip hop, d'autres de la musique classique…), aux casquettes multiples et variées (label, éditeur, organisateur, startup…) et dont les points communs sont le goût de la musique et d'avoir tenté l'aventure entrepreneuriale sans attendre.

En amorce de l'ouverture d'un espace privilégié La Nouvelle Onde sur la plateforme Irmawork, ces six entrepreneurs présenteront le cheminement qui les a conduits à créer leur entreprise, et la manière dont ils gèrent leurs activités dans une économie musicale en pleine mutation.

Intervenants :
Dorian Perron, co-fondateur, Groover - fondateur et rédacteur en chef, Indeflagration
Adéla Pudlakova, co-fondatrice et CEO, Gigscene - doctorante en musicologie
Émily Remy, fondatrice, Anima Nostra Prod
Adrien Sanchez Infante, fondateur, Yearning
Loren Synnaeve, co-fondatrice, Baguette Publishing - créatrice du festival Comme nous brûlons
Garry Yankson, directeur artistique et CEO, Ready or Note - co-fondateur de Hip Hop Community
Animateurs : Émily Gonneau, La Nouvelle Onde / Mathias Milliard, IRMA

Atelier - "Le droit d'auteur et les droits voisins"

14h-15h30 – Galerie droite
Intervenante : Alexandra Jouclard, avocate

Table ronde - "Streaming : les arguments du User Centric"

16h15-17h45 – Amphithéâtre d'Honneur
Pour la première fois en France, en 2018 le chiffre d'affaires généré par le numérique a dépassé celui des ventes physiques pour atteindre 57% des ventes globales (chiffres du SNEP). Pourtant, cette embellie profite t'elle de la même façon à tout le monde ?Aujourd'hui les revenus du streaming sont répartis « au pro-rata du nombre d'écoutes » sur le modèle de la radio, pro-rata qui favorise les artistes les plus écoutés. La question d'une répartition plus connectée à l'acte de consommation, dite « user centric » semble incontournable aujourd'hui. Comprendre le mécanisme de redistribution des revenus du streaming et les arguments en faveur - ou non - du user centric avec les experts du sujet.

Intervenants :
Julien Philippe, Antipodes Music
Suzanne Combo, déléguée générale, La Gam
Ludovic Pouilly, responsable des relations institutionnelles, Deezer
Benoit Tregouet, Disques Entreprise
Idol - Pascal Bittard
Modérateur : Sophian Fanen, journaliste, co-fondateur Les Jours, auteur de Boulevard du Stream (éditions Castor Astral)
Rencontre organisée par la Fédération Nationale des Labels Indépendants (FELIN) et le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA).

AUTRES RENCONTRES LIÉES À LA MUSIQUE 22 mai

Atelier - "Favoriser la mobilité internationale des artistes et des professionnels de la Culture : les dispositifs et les ressources"
9h30-11h

Atelier - "Le programme Europe Créative : actualité et perspectives"
11h15-12h45

Atelier - "La réforme de la formation professionnelle : impact pour les entreprises et les salariés"
9h30-11h

Table ronde - "Marketing digital et utilisation des données au service de la culture"
15h45-16h30

Table ronde - "Artistes autofinancés : la condition de l'indépendance ?"
17h30-19h

Atelier - "Quel statut juridique choisir pour mon projet"
9h-11h

Atelier - "Des mécanismes de financement pour chaque étape de vie de l'entreprise culturelle"
11h30-13h

Atelier - "Les fondamentaux du plan d'affaires"
14h-15h45

Atelier - "Mécénat et financement participatif : conseils pour élaborer sa stratégie de financements privés"
16h-17h30

Atelier - "Les clés du financement bancaire"
17h45-19h

23 mai

Table ronde - "Les données : une ressource stratégique pour l'entreprise culturelle"
11h15-12h45

Table ronde - "Les plateformes de diffusion : un atout pour la diversité culturelle"
14h-15h45

Table ronde - "Créativité, usage, marché des Podcasts : un secteur tendance aux multiples enjeux"
15h45 -17h15

Table ronde - "Startups : Comment les investisseurs abordent-ils le secteur culturel ?"
11h30-13h

Atelier - "Startup culturelles : comment financer son développement"
14h30

Table ronde - "Rencontre avec l'Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC)"
14h-15h30

24 mai

Table ronde - "L'accompagnement de projets culturels collectifs dans l'ESS"
14h-15h30

Table ronde - "Outils et dispositifs de financement des projets culturels dans l'ESS"
15h30-16h45

Atelier - "Entreprendre en collectif : le modèle de la coopérative d'activité et d'emploi (CAE)"
16h-17h30

Table ronde - "Égalité femmes-hommes : les initiatives dans la culture"
14h-15h30

Atelier - "Entreprendre et se développer au Québec"
11h15-12h45

Table ronde - "Lieux culturels : multiplicité d'approches et diversité des publics"
14h-15h15

PROGRAMME COMPLET

Semaine du 23 au 28 avril

mar, 04/23/2019 - 12:54

Chaque semaine, retrouvez les principaux rendez-vous professionnels (salon, rencontre, AG...), les dates limites des aides à la filière (subvention, crédit, bourse) et des appels à candidatures pour les artistes (tremplin, concours).

RETROUVEZ L'AGENDA COMPLET
ET ACTUALISÉ EN CONTINU



23 AVRIL

AFTERWORK
Fédération JOICE : ensemble pour l'innovation dans la culture
Paris


23 AVRIL

AG
Assemblée générale des professionnels du spectacle
FNSAC - CGT / Paris


23 AVRIL

RENCONTRE
Comment développer la culture grâce à la blockchain
Lille


23 AVRIL

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien au développement éditorial
FCM


23 AVRIL

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien aux salles et cafés-concerts parisiens
Ville de Paris - CNV


24 AVRIL

COLLOQUE
Musique concrète, musique électronique : le choc des ondes
Lille


24 - 27 AVRIL

CONVENTION
Brighton Music Conference
Brighton (Angleterre)


24 AVRIL

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien aux résidences en musiques actuelles
MCC / CNV


25 AVRIL

TREMPLIN (date limite de candidature)
Tremplin Blues des Rendez-vous de l'Erdre
Nantes


25 AVRIL

APPEL À PROJETS (date limite de candidature)
Festival de la chanson de Tadoussac
Tadoussac (Québec/Canada)


25 AVRIL

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien à la création
SPPF


25 AVRIL

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien aux festivals
CNV


25 - 28 AVRIL

SALON
Jazzahead 2019
Brême (Allemagne)


25 AVRIL

CONFÉRENCE
Festivals éco-responsables et solidaires en Région Sud
Cofees / Avignon


26 AVRIL

AIDE (date limite de dépôt)
Soutien aux échanges artistiques internationaux
Région Nouvelle-Aquitaine


26 AVRIL

ATELIER
Spectacle : de la création à la diffusion
Aix-en-Provence


26 AVRIL

APPEL À PROJETS (date limite de candidature)
Start Up @ We Love Green
Festival We Love Green / Vincennes


27 AVRIL

TREMPLIN (date limite de candidature)
Imagine, tremplin international des 13-21 ans
JM France


28 AVRIL

CONCOURS (date limite de candidature)
Chanson de paroles
Festiv' en marche


28 AVRIL

TREMPLIN (date limite de candidature)
Les Courants
Amboise


RETROUVEZ L'AGENDA COMPLET
ET ACTUALISÉ EN CONTINU

Veille d'actualités - Semaine 16

jeu, 04/18/2019 - 12:46

Cette semaine : fusion des branches professionnelles dans l'édition, sexisme dans la musique, festivals de showcases, Fonds de soutien aux soundsystems, financement des magazines musicaux, métier de chansigneurs, etc.


Chaque semaine, l'IRMA vous propose une sélection d'informations sur le secteur musical.
Cette sélection est issue de la veille d'actualités relayée sur nos réseaux sociaux :

L'édition se prépare à la fusion des branches professionnelles
ActuaLitté • Accès libre

Le gouvernement entend réduire le nombre de branches professionnelles en regroupant des secteurs proches, et ainsi faciliter l'adaptation au marché du travail. L'édition (livre), l'édition phonographique et de l'édition musicale se retrouveraient dès lors regroupées.


Sexisme dans la musique : près de 700 femmes disent stop
Télérama • Accès libre

Jeanne Added, Fishbach, Chris(tine and the Queens), Zazie, Miss Kittin, Jeanne Cherhal… 690 professionnelles du secteur signent un manifeste, le F.E.M.M - Femmes Engagées des Métiers de la Musique - qui appelle au changement des mentalités et des pratiques.

Également : Changez de disque, les machos

Les festivals de showcases, une chance pour les artistes ?
Europavox • Accès libre (anglais)

Conçus pour réunir artistes, médias et professionnels de l'industrie musicale, les festivals de showcases se développent en Europe. Ces événements offrent aux artistes des plateformes d'exposition et des opportunités de rencontres qu'ils ont bien du mal à trouver par ailleurs.


Comment le Fonds de Soutien aux soundsystems défend les free parties face à la répression
Trax • Accès libre

Face aux tensions liées aux free parties (annulations administratives, saisies de matériels, obstructions des forces de police), le Fonds de Soutien Juridique des Sons propose une aide aux organisateurs qui se retrouvent souvent désarmés sur le plan juridique et institutionnel.


Aides à la presse : quid des magazines musicaux ?
Sourdoreille • Accès libre

Alors que les mastodontes type Aujourd'hui en France, Le Monde, Les Echos ou encore Marianne ont réussi, pour le moment, à faire face à la crise grâce aux aides de l'État, la presse musicale se débat pour sa survie sans aucune subvention ou presque. Une enquête menée par les rédactions de Sourdoreille, Gonzai, Trax et Tsugi.


"Dans l'oreille des sourds", les chansigneurs
Next Libération • Accès limité

On commence à les croiser sur les scènes, traduisant les paroles en langue des signes. Mais les chansigneurs font bien plus que ça : par les mouvements de leur corps, ils permettent aux personnes sourdes de réellement appréhender la musique. Reste à convaincre l'industrie de rendre les concerts accessibles à tous.


EN BREF

ARTIST(IQU)E

ÉDUCATION

POLITIQUE

BUSINESS

USAGE

INNOVATION

MÉDIA

MÉTIER

TERRITOIRE

(RE)PLAY


Les coulisses de la découverte d'artistes

Podcast • LNO




Discussion avec Chab (ingé son / mastering)

Podcast • Audiofanzine




Le "mythe" PNL

Podcast • France Culture




Un son, comment cela s'invente-t-il ?

Avec Laurent De Wilde
Podcast • France Culture

LE POST DE LA SEMAINE :

Il parait que la musique apaise... J'avais filmé Olivier Latry en train de jouer sur le grand orgue de Notre-Dame, juste avant une nuit d'enregistrement. La cathédrale était déserte et paisible. Moment magique. pic.twitter.com/TPDj1dTva8

— Aliette de Laleu (@alaleu) 15 avril 2019

La revue de web de la semaine passée Voir la rubrique
ACTUALITÉS PROFESSIONNELLES

Appels à projets en Bretagne, Normandie et Centre-Val de Loire

mar, 04/16/2019 - 11:36

Dans le cadre des conventions de partenariat entre l'État, les Régions et le CNV, plusieurs appels à projets pour un soutien aux musiques actuelles sont en cours en Bretagne, en Normandie et en Centre-Val de Loire.

À des niveaux différents de développement, les Régions PACA, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Bretagne, Grand Est, Normandie et Pays de la Loire ont formalisé des contrats de filière ou des partenariats de préfiguration permettant de lever des financements pour le secteur musical sur leur territoire.
Ces contrats engagent ces Régions, les DRACS et le CNV qui coordonne la gestion des dispositifs.

Actuellement, des appels à projets sont ouverts aux candidatures en Bretagne, Normandie et Centre-Val de Loire.
Un appel est également en cours pour la Ville de Paris.

CENTRE-VAL DE LOIRE

Dans le cadre de leur convention de partenariat pour la préfiguration d'un contrat de filière régional musiques actuelles, l'Etat, la Région Centre-Val de Loire et le CNV avec l'appui technique de la Fraca-Ma et Scèn'O Centre lancent 2 appels à projets :

  • Développement des coopérations entre acteurs des musiques actuelles
  • Structuration des entreprises de développement d'artistes musiques actuelles

Date limite de dépôt des dossiers : 15 mai
Infos et formulaires

BRETAGNE

Dans le cadre de leur convention de partenariat, l'Etat, le conseil régional de Bretagne et le CNV lancent 5 appels à projets pour répondre aux problématiques suivantes :

  • Parcours de développement artistique dans le secteur des musiques actuelles et de variétés
  • Structuration des entreprises de production de musiques actuelles
  • Coopération entre acteurs des musiques actuelles
  • Développer le numérique et les nouveaux usages
  • Développement des pratiques de coproduction des salles de musiques actuelles

Date limite de dépôt des dossiers : 31 mai
Infos et formulaires

NORMANDIE

Dans le cadre de leur Contrat de filière de musiques actuelles et variétés, l'Etat (Drac Normandie), la Région Normandie, les départements de l'Eure, de la Manche et de l'Orne et le CNV, avec l'appui technique du FAR, lancent 4 appels à projets pour répondre aux problématiques suivantes :

  • Soutien aux structures de développement artistique
  • Soutien aux radios associatives
  • Soutien à la diffusion en milieu rural et en zones blanches culturelles
  • Soutien à la production vidéomusique

Date limite de dépôt des dossiers : 7 juin
Infos et formulaires

PARIS

La Ville de Paris et le CNV ont reconduit leur partenariat pour une durée de 3 ans (2019-2021). L'objectif de la nouvelle convention poursuit l'engagement des partenaires en faveur du maintien d'une offre culturelle diversifiée à travers le soutien à l'investissement et à l'activité des petits lieux de musiques actuelles parisiens.

Les prochaines réunions du comité d'engagement en charge de l'octroi des aides en 2019 :

  • Mardi 21 mai (date limite de dépôt des dossiers le 23/04)
  • Jeudi 17 octobre (date limite de dépôt des dossiers le 19/09)
  • Mardi 3 décembre (date limite de dépôt des dossiers le 5/11)

Infos et formulaires

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