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INTERVIEW : PALATINE

INTERVIEW DE VINCENT DU GROUPE PALATINE – AVRIL 2017

 

 

Salut Vincent, comment vas-tu ? Bien occupé je pense ?

 

Ca va bien, et oui bien occupé car je commence un clip et termine les éléments graphiques de l’album en même temps.

 

 

Peux-tu nous présenter le groupe ?

 

Nous sommes un groupe de Folk-Rock, créé en janvier 2015 et basé sur Paris. On va dire que musicalement c’est plutôt les US et les UK qui nous inspirent. Je chante en anglais et en français selon mes envies.

Pour la composition du groupe, nous sommes quatre au chant avec Jean-Baptiste à la guitare, Adrien à la contrebasse, Toma à la batterie et donc moi au chant et à la guitare.

 

 

Comment vous êtes-vous rencontrés tous les quatre ?

 

On a commencé le projet d’abord à deux avec Jean-Baptiste, nos anciens projets respectifs venaient de se dissoudre en 2014. On s’était rencontré au hasard de la scène Folk parisienne et quand on s’est retrouvé libre je lui ai fait écouter une maquette de « Baton Rouge » et c’est parti comme ça.

 Quand on a eu besoin d’un bassiste j’ai rappelé Adrien avec qui je jouais dans mon ancien projet parce que j’appréciais le fait d’avoir une contrebasse.

On a enregistré des maquettes à trois et par contacts on les a envoyé à Toma qui a accroché de suite et nous a rejoint en janvier 2015.

 

 

D’où vient ce nom de Palatine ?

 

Comme je le raconte souvent, je ne sais pas trop. J’avais un premier nom de groupe qui est resté longtemps, j’avais même fait un logo, des visuels … et puis je me suis rendu compte que j’étais le fruit de mon époque et me suis mis à remarquer plein d’autres groupes avec des noms un peu ressemblant et dans la même veine. Ca me plaisait bien et je me disais que j’allais avoir du mal à m’en défaire, et puis finalement après m’être creusé la tête le mot Palatine m’est venu à l’esprit, sans raison particulière, juste parce que cela devait être dans mon champ lexical du moment.

Nous sommes tous tombés d’accord sur le fait que cela nous correspondait bien ! (Le premier nom est toujours le titre d’une de nos chansons. Ndlr).

 

 

C’est vrai que toi au départ ton autre passion c’est l’art graphique, du coup tu gères tout l’aspect visuel du projet j’imagine.

 

Oui moi je suis dessinateur et animateur à la base, j’ai bossé sur pas mal de films en effets spéciaux (Clash des Titans / Where the wild things are / Children of men) et films d’animations (Un monstre à Paris / Minions).

C’est naturellement que les deux disciplines se mélangent et Palatine me permet de le faire sur une expression artistique qui m’est personnelle.

 

 

Vous avez sorti l’an dernier un premier EP de 6 titres, disponible en numérique et nommé « Baton Rouge ». Pourquoi avoir choisi le nom de la capitale de la Louisiane pour ce premier disque ?

 

En fait le choix de Baton Rouge est surtout révélateur de ce qu’on essaye de faire avec Palatine, c’est-à-dire rendre floues les frontières entre « musiques anglo-saxonnes » et « chansons françaises ».

La chanson Baton Rouge est en anglais mais je prononce le mot avec l’accent français. Ajouté à cela il y a un petit passage en français dedans, qui brouille les pistes. Après bien entendu le récit de la chanson se passe en Louisiane, pays qui garde encore aujourd’hui une certaine part de mystère et marque les imaginaires.

 

 

Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais et en français ?

 

J’aime bien chanter en anglais car ses sonorités donnent plus de possibilités à ma voix de s’exprimer (chant plus nasal et guttural).

La langue française doit être compréhensible en musique actuelle et restreint de ce fait l’expression.

Mais j’aime aussi l’écriture en français et je vais certainement plus loin dans le jeu littéraire avec le français.

Du coup je me permets de faire les deux selon ce qui m’inspire ! Les deux sont en tous cas toujours sincères.

 

 

Vous venez tous les quatre d’univers musicaux différents, et même si je pense que tu es l’âme de ce quatuor, chacun apporte quelque chose à cet univers et influence ta création j’imagine ?

 

Pour être honnête je ne pense pas que l’on vienne d’univers musicaux différents, on est tous sur la même longueur et les idées fusent lorsqu’on écrit ensemble, on va aux mêmes concerts, et quand l’un de nous découvre quelque chose on est souvent d’accord pour trouver cela bien.

Après on a tous les idées larges et de très grandes oreilles. Palatine tombe pile au centre de nos goûts communs.

 

 

Tu pourrais me citer quelques artistes sur lesquels vous êtes tous les quatre d’accord ?

 

Y en a tellement, mais là par exemple on va bientôt enregistrer dans le même studio que Nick Cave, Timber Timbre et Feist, ce sont trois bons exemples.

 

 

Ah oui aux studios de la Frette sur Seine, ce n’est pas loin de chez nous. Outre « Baton Rouge » il y a un morceau qui a retenu mon attention, c’est « Orange Sylvestre », quelle est son histoire ?

 

L’histoire vient directement de mon gout pour les faits divers, les tueurs en série comme Landru, Jack The Ripper…, la folie et ses manifestations en général. C’est sans doute une fascination morbide mais par exemple Jack The Ripper disposait les parties prélevées de ses victimes dans un certain ordre. Dans « Orange Sylvestre » il s’agit d’un prédateur qui s’attaque à une joggeuse en jogging orange et décrit son geste comme un acte esthétique et romantique (dans le refrain), ce qui n’est ni l’un ni l’autre…

 

 

Je vois que tu as de nombreux centres d’intérêts ! C’est toi qui écris tous les morceaux ?

 

J’écris toutes les paroles et pour le moment toutes les musiques, mais c’est ouvert. On en a une qui vient de Jean-Baptiste et deux nouvelles qui viennent de Toma.

Pour mes titres j’arrive parfois avec juste une idée mélodique, ou une chanson avancée, et on travaille ensuite ensemble les arrangements de tous les morceaux.

 

 

J’ai lu quelque part qu’une sortie physique de l’EP (en vinyle) était une envie, cela a pu se concrétiser ?

 

Oui c’est en train de se faire en ce moment ! On attend cela pour la fin mai.

 

 

Pourquoi ce choix du vinyle ?

 

Parce que j’en achète et que j’aime ça…

 

 

Avec Jean-Baptiste vous avez préparé un projet d’écriture, composition et illustration de quelques chansons avec des enfants de la ville de Sannois. Est-ce que tu peux nous en parler ?

 

Notre idée de base est de donner quelques clés techniques et des méthodes aux enfants pour écrire eux même une chanson, les structures, comment écrire sur un rythme, organiser ses idées pour écrire une histoire, ne pas être timide face à la page blanche et surtout désacraliser l’acte d’écriture. Ce qui s’applique aussi à la poésie ou à la prose.

De la même manière nous avons associé le dessin comme je le fais dans ma pratique pour leur montrer que les choses ne sont pas compartimentées, ni les idées ni la création.

Nous en sommes à mi-parcours et nous sommes vraiment très contents des résultats déjà obtenus, avec beaucoup de créativité et parfois beaucoup de maturité dans l’expression. Il y en a même deux ou trois on se demande jusqu’où ils iront !

 

 

C’est important pour vous deux de partager votre savoir-faire et votre passion avec les jeunes générations ?

 

Pour être honnête ce n’est pas forcément ce que je recherche dans mon expression artistique qui est plutôt auto centrée mais à l’occasion de cette intervention je me rends compte que la réponse est tellement immédiate avec les élèves que cela donne beaucoup de perspectives et que c’est une façon très intéressante d’interagir avec le public.

 

 

Toi-même comment as-tu appris la musique, à l’écrire et à la jouer ?

 

Je suis autodidacte, c’est pour cela que je pense que j’aurai été très intéressé par ce que nous sommes en train de faire avec les élèves.

 

 

Une dernière question pour finir cette interview, le 19 mai vous jouez chez nous en ouverture de Warhaus, qu’est-ce que tu as envie de dire aux personnes qui vont vous découvrir à cette occasion ?

 

Tu me pose une colle là ! Que dire à des gens qui vont nous découvrir ? Que j’espère que notre musique les toucheras et les hanteras jusque chez eux. 

 

 

Interview réalisée par Arnold Pijot.

ajouté par La Com'

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