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Nouvelle expo sur les lieux abandonnés, par David de Rueda, explorateur urbain.

« Urbex, ou l’art de transcrire l’atmosphère des lieux abandonnés » - Entretien avec David de Rueda
Nous avons le plaisir de vous annoncer l’exposition photo Urbex qui aura lieu à l’EMB du 27 février au 30 mars 2012. A ce titre, nous avons cherché à en savoir un peu plus sur David de Rueda, 24 ans, photographe explorateur…
O.G : D’où est venue cette idée de photographier des lieux abandonnés ?
D.d.R : Déjà enfant, je jouais à l’explorateur et les endroits abandonnés éveillaient ma curiosité. Le goût pour la photographie m’a naturellement poussé à combiner les deux univers.
O.G. : Où puises-tu les idées et les informations sur les lieux avant tes périples photographiques ?
D.d.R : Urbex, comprenez par là EXploration URBaine, s’inscrit dans une communauté déjà existante de passionnés qui partagent leurs expériences photographiques, sur le Net notamment. Cela permet d’avoir parfois quelques clichés avant de se rendre sur place. Mes contacts, qui suivent de plus en plus nombreux mon travail, me donnent également quelques tuyaux.
O.G : Comment se préparent tes explorations urbaines ?
D.d.R : Le critère primordial est de s’assurer que le lieu soit abandonné et le moins vandalisé possible: plus il sera conservé, atypique et esthétique, et plus l’atmosphère du lieu pourra s’exprimer à travers mes photos.
O.G : En photographie, la lumière est primordiale. Comment évolues-tu dans ces lieux sans avoir forcément pu y effectuer un repérage ?
D.d.R : Je compose sur place, je n’apporte que peu d’équipement d’éclairage. Je préfère voyager léger.
O.G : Y a-t-il des lieux pour lesquels tu as dû demander une quelconque autorisation ?
D.d.R : L’interdit fait partie intégrante de mon travail, et lui confère un aspect grisant. Obtenir une autorisation serait comme effectuer une visite guidée, sans réel intérêt. Je fais néanmoins des demandes d’autorisations lorsque je ne peux pas faire autrement.
O.G : Quelle a été ta plus belle découverte et à contrario le pire moment ?
D.d.R : Il est difficile de choisir parmi toutes ces ambiances que reflètent ces lieux. En revanche, les pires moments sont ceux où une fois sur place, je m’aperçois que je ne pourrai pas en tirer grand-chose. Pour éviter ce genre de déconvenue, j’ai toujours un plan B en ayant repéré si possible un autre endroit proche de mon escapade.
O.G : Quel serait le lieu rêvé pour un explorateur urbain comme toi ?
D.d.R : Une île au large du Japon qui se nomme Hashima Island. Il s’agit d’une île de quelques km² autrefois occupée par 5000 ouvriers japonais et qui a été abandonnée en l’état.
O.G : Quel est le public qui te suit et comment accueille-t-il ton travail ?
D.d.R : Il varie en terme d’âge (adolescents à la tranche 50/60 ans). C’est un reportage télévisé qui m’a permis de faire découvrir mon travail. Le public est curieux et me reconnaît une certaine éthique puisque qu’aucune dégradation n’est faite au lieu: je le laisse derrière moi tel qu’il était à mon arrivée.
L’essentiel de mon travail est de rendre compte de l’ambiance, de l’atmosphère de ces endroits. C’est plus une vision basée sur l’émotion ressentie en y pénétrant qu’un reportage photo. Les plans photo et autres mises en scène sont décidés sur place en fonction de ce que les lieux m’évoquent.
O.G : Le mot de la fin sur tes projets pour 2012 ?
D.d.R : Depuis quelques mois j’ai le plaisir d’exposer mon travail, de réaliser des interviews et de vendre quelques clichés. J’aimerais poursuivre cette aventure. Les crises ont malheureusement toujours entraîné des fermetures d’usines qui restent des lieux privilégiés pour la photo et qui présagent encore de belles années à l’Urbex. L’Europe est vaste et a encore beaucoup de vastes lieux historiques ou plus récents à faire découvrir. Je recherche d’ailleurs des partenaires financiers afin de mettre en place un tour d’Europe d’une année et revenir avec encore plus de clichés.
Avis aux amateurs, l’exposition se déroule du 27 février au 30 mars 2012.
Ophélie Galtié.
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