T’ES DANS LE MONDE DE LA MUSIQUE TOI ?

T'ES DANS LE MONDE DE LA MUSIQUE TOI ?

Comment transformer un constat d’inégalités de visibilité en une initiative collective portée par plusieurs structures ? En quoi un projet comme Ladies On Stage peut être un exemple de cette transformation ? 

 

C’est cette problématique qu’aborde et décortique dans cet entretien, Ingrid, directrice du Combo95 !
Voici son interview :

 

« Ingrid, pourrais-tu te présenter et nous présenter ton parcours ainsi que ton rôle dans le réseau du Combo95 ? » 

Bonjour, avec plaisir. Je suis la directrice du COMBO 95 depuis 4 ans. J’ai une petite particularité avec le territoire, j’ai toujours vécu et/ou travaillé sur le 95.  De mes premières expériences de travail comme surveillante à Montigny, en passant par Taverny et Enghien, je suis devenue CPE à Montsoult pour ensuite travailler à ARCADI, dans le cadre d’une mission sur le déploiement des axes d’actions culturelles au sein des lycées. 

Ce poste m’a conduite à rencontrer les acteurices culturelles du Val d’Oise. De ce maillage territorial m’est restée la connaissance fine des partenaires et des structures. C’est à ce moment là que j’ai pu rencontrer les porteurs de projets de MA du 95 et que je suis entrée en contact avec le COMBO 95.

Après le démantèlement d’ARCADI, j’ai travaillé comme coordinatrice de projets culturels et chargée des jumelages pour la Commune de Taverny. 


« Comment expliquerais-tu les actions du réseau, les différents volets de projets que vous portez ? »

En tant que réseau départemental des Musiques Actuelles, nous ne sommes pas opérateurs mais nous impulsons et coordonnons des projets en lien avec nos structures adhérentes. 

Nous avons pu mettre en place des projets fédérateurs comme Music Lab, dédié aux instrumentistes et beatmaking ; coordonner une résidence mutualisée par saison  avec un.e artiste, choisie communément avec les adhérent.es ; développer des réunions mensuelles en direction des chargés d’accompagnement pour ainsi permettre un espace d’échanges sur les pratiques ; des formations dédiées sur des thématiques sociétales comme les VSS. 

Nous avons aussi un fort volet en direction des artistes avec des rendez-vous ressources personnalisées, des rencontres mensuelles sur des sujets du secteur et des diffusions des projets musicaux comme nos partenariats avec les radios IDFM et RGB.

« Est-ce que tu pourrais nous expliquer comment est né le dispositif Ladies on Stage ? » 

D’un constat. Où se trouvait les artistes FLINTA* dans nos programmations, dans nos dispositifs d’accompagnement. Arrivée au Combo, j’ai de suite interrogé les adhérents sur ce sujet. Nous avons décidé de travailler sur un bassin de vie regroupant trois salles pour déployer ce projet. Désormais, nous avons neuf structures adhérentes parties prenantes du projet

* Femmes, Lesbiennes, Intersexes, Non binaires, Trans, Agenres et plus

« Comment se réfléchit le parcours d’accompagnement, la pédagogie proposée et la sélection des artistes ? »

Le parcours se réfléchit en collectif. La première année nous sommes parties avec nos questionnements et nos bagages. Les années suivantes, nous nous sommes nourri.es des retours des artistes des éditions précédentes. Le but est vraiment de créer un collectif de sororité et de safe place. 

« Quelle a été la réception de ce dispositif par les autres structures du territoire ? A-t-il été compliqué de mettre en place des partenariats ? » 

Ce ne fut pas facile au début de mettre en place un projet en mixité choisie sur le territoire. Des incompréhensions, des doutes, des questionnements revenaient souvent lors de l’explication du projet. Nous avons dans un premier temps décidé de développer ce projet sur un territoire dédié, ce qui a également entrainé plusieurs interrogations. A force de dialogue et d’échange, les esprits se sont apaisés. Les adhérent.es ont validé le projet et se sont investi.es. 

Concernant les partenaires, ce fut plus facile et de suite accepté. Cela donnait une direction au réseau. Un nouveau souffle.

« Quelles étaient les premières ambitions du projet au départ ? Ont-elles évolué depuis ? »

Le but était vraiment de créer un espace de sororité, un espace safe où les musiciennes pouvaient échanger, s’entraider, se donner des tips, être visible. Il a toujours été question d’un concert final ouvert au tout public mais également au pro des territoires. Le but était de montrer que la scène portée par des musiciennes existent.  


« Est-il possible d’évaluer aujourd’hui les retombées d’un tel accompagnement ? » 

Cela fait 4 éditions et nous commençons à voir quelques retombées sur le territoire. 

Il s’avère que cette année, les structures adhérentes qui portent un dispositif d’accompagnement, ont eu en majorité des candidatures portées par des artistes FLINTA.

Est-ce un hasard, je ne le pense pas. Ladies on Stage a permis de montrer que sur notre territoire les projets FLINTA sont bien accueillis et accompagnés.

 

« Comment faire en sorte que ce type de dispositif s’inscrive dans la durée et au-delà du territoire ? »

C’est LA question ! Concernant les financements, nous avons fonctionné sur des appels à projets en direction des associations, mais nous ne pouvons plus, au regard de l’ampleur, passer que par ce biais. Nous travaillons avec les structures adhérentes impliquées dans le projet pour que certaines puissent s’inscrire dans des demandes spécifiques. 

Pour le développement au-delà du territoire val d’oisien, plus on en parle, plus les anciennes participantes le promeuvent, plus des initiatives locales pourront s’en emparer. 

Ce projet est un projet que le COMBO 95 a pu mener grâce à son équipe. Une volonté commune, une certitude ancrée, nous avons mené ce projet de front. Je suis très heureuse de voir comment ce dispositif évolue et s’inscrit, je l’espère, durablement sur le territoire et au-delà. 

 

Partager